POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Covid-19

Les hôpitaux vont reporter des interventions non urgentes



Le CHL devrait annoncer des restrictions par rapport aux visites ce mercredi Une déprogrammation partielle des activités médico-soignantes non urgentes est en cours. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Le CHL devrait annoncer des restrictions par rapport aux visites ce mercredi Une déprogrammation partielle des activités médico-soignantes non urgentes est en cours. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

La cellule de crise Covid-19 du Luxembourg a déclenché la phase 3 dans les hôpitaux du pays. Il devient donc nécessaire de déprogrammer certains soins hors Covid et les interventions non urgentes. La phase 4, la dernière, pourrait intervenir si la dégradation de la situation se poursuit.

«La cellule de crise a déclenché la phase 3 des hôpitaux hier après-midi», indique ce mercredi  Jean-Claude Schmit , directeur de la Santé, confirmant une information de nos confrères du Tageblatt. Cela signifie que «la déprogrammation des soins hors Covid» devient nécessaire. «La décision est prise sur base d’un nombre déterminé de lits hospitaliers occupés atteint», justifie le ministère de la Santé, sans préciser combien.

Cette phase est l’avant-dernière du plan de montée en charge des capacités d’accueil des patients Covid dans les hôpitaux . Au stade initial (phase 1), les patients Covid sont uniquement pris en charge au sein du service national des maladies infectieuses du CHL, capable d’accueillir 20 personnes en soins normaux et 4 en soins intensifs. Au-delà est déclenchée la phase 2, où les quatre groupes d’hôpitaux du pays accueillent les malades.

Si la recrudescence des cas de Covid-19 s’accentue au-delà de la phase 3 (qui prévoit la déprogrammation d’interventions non urgentes et des soins hors Covid), le gouvernement peut déclencher la phase 4, où la capacité des lits peut être augmentée jusqu’à 264 en soins normaux et près de 100 en soins intensifs. Interrogé à ce sujet, le ministère de la Santé n’a pas indiqué quel seuil devrait être atteint pour que cela arrive.  

Au plus fort de la première vague, le nombre total d’hospitalisations n’avait pas dépassé les 233 sur une journée, avec 190 patients en soins normaux le 4 avril et 45 en soins intensifs le 3 avril.

Les hôpitaux en adaptation constante

Conséquence de la situation: les Hôpitaux Robert Schuman ont déjà annoncé la fin des visites aux patients à partir de jeudi . Ils ne commentent pas plus pour le moment la déprogrammation nécessaire des soins hors Covid.

«Suite au déclenchement de la phase 3, le CHL a augmenté sa capacité de lits dédiés en soins normaux (avec une zone de cohorte Covid+ supplémentaire) et adapte en conséquence les disponibilités à prévoir en soins intensifs. Une déprogrammation partielle et sélective de l’activité médico-soignante non urgente est en cours», indique de son côté le Centre hospitalier de Luxembourg. Son directeur, Romain Nati , devrait annoncer des restrictions pour les visites aux patients en fin de journée.

Au Chem (Centre hospitalier Emile Mayrisch), la phase 3 implique «une déprogrammation de toutes les opérations non urgentes programmées», c’est-à-dire «toutes celles qui ne mettent pas votre vie en jeu». Les soins de  chimiothérapie et tout ce qui concerne le traitement des cancers se poursuivent donc. La déprogrammation devrait permettre un transfert de lits normaux qui seront alors réservés aux patients Covid, non quantifiés pour le moment. «Aujourd’hui, nous avons 55 lits dédiés pour 47 patients», illustre l’établissement. Pour faire de la place, il avait déjà transformé sa cafétéria en hôpital de jour cette semaine.

Le CHdN (Centre hospitalier du Nord) assure quant à lui avoir mis en place une station dédiée aux patients Covid depuis la semaine dernière, la même qu’en mars. Tous les visiteurs doivent également s’enregistrer en entrant, pour faciliter le traçage. Rien n’est précisé sur la déprogrammation d’opérations pour le moment ou sur une suspension des visites. «On va s’adapter à la situation.»