ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

PURIFICATION DE L’eau

HLD, une bonne nouvelle pour Apateq



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Avec 120 unités de traitement de l’eau déjà vendues cette année, Apateq connaît une année exceptionnelle. Pour la première fois, elle devrait être bénéficiaire de 3 millions d’euros. (Photo: Apateq)

La holding luxembourgeoise d’origine française HLD a annoncé la semaine dernière son entrée au capital d’Apateq. L’ex-start-up spécialisée dans la purification de l’eau pour l’industrie sera bénéficiaire pour la première fois de son histoire cette année.

«Je suis très content parce que cela nous offre une bonne base pour notre développement, en termes de gouvernance et de développement. La croissance est énorme!» À peine sorti d’une réunion, le CEO d’Apateq, Bogdan Serban , commente avec gourmandise l’arrivée de HLD dans son capital.

Le groupe français emmené par Jean-Bernard Lafonta a racheté les parts de Reinet Investments, acquises en 2015 pour 2,7 millions d’euros , pour un montant qu’il ne tient pas à communiquer.

Avec un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros attendu cette année pour un bénéfice de 3 millions d’euros, Apateq sera bénéficiaire pour la première fois de sa courte existence. Ce bon résultat avait failli arriver l’an dernier, avant que deux clients ne reportent leur commande au dernier moment.

Pas de dilution de capital

Les pertes reportées, de cinq millions d’euros à fin 2017, et la perspective de 35 millions d’euros de commandes sécurisées pour 2019-2020, dont 15 millions pour le premier semestre 2019, ont dû permettre à Reinet, entrée à l’époque par l’intermédiaire des Sud-Africains de Mosmart International, de sortir la tête haute de la start-up.

C’est bon pour notre gouvernance parce que ces gens sont très solides et ont des ambitions à cinq ou sept ans. Ce qui nous convient bien. Comme Robert Dennewald et Eurobéton.

Bogdan Serban,  CEO,  Apateq

«Je dois dire que je remercie aussi les banques luxembourgeoises, la Bil et la Spuerkeess, d’avoir soutenu notre développement», ajoute le CEO d’Apateq. «Au final, il n’y a pas dilution de notre capital. Le management conserve un tiers des parts et HLD y prendra un siège. C’est bon pour notre gouvernance parce que ces gens sont très solides et ont des ambitions à cinq ou sept ans. Ce qui nous convient bien. Comme Robert Dennewald et Eurobéton (qui étaient aussi entrés au capital en 2015 pour près de 6 millions d’euros, ndlr).»

Selon la communication officielle, gérée par les arrivants, c’est d’ailleurs M. Dennewald, dans les deux conseils d’administration, qui a fait le lien. «Nous avions à cœur d’investir au Luxembourg depuis plusieurs années et nous sommes heureux de transformer ce souhait avec Apateq, qui est une véritable success-story nationale et internationale», dit ce dernier dans le communiqué.

Premier investissement de HLD au Luxembourg

«La finance durable nous est chère, et la possibilité de soutenir une entreprise luxembourgeoise particulièrement influente sur le marché des cleantech est un bel accomplissement pour HLD Europe», relève pour sa part l’administratrice déléguée d’HLD, Anne Canel , dans le même communiqué.

Avec Jean-Bernard Lafonta, longtemps poursuivi par la justice française, puis par le fisc français  (et qui a soit bénéficié d'un vice de procédure, soit d'un vice de forme), HLD pose un pied au Luxembourg avec un capital social relevé cette année, en avril, à plus de 140 millions d’euros.

Fondée en 2010 par trois passionnés, Jean-Philippe Hecketsweiler, Jean-Bernard Lafonta et Philippe Donnet, HLD a 14 entreprises dans son portefeuille, dont Filorga, Kiloutou, Coyote et le groupe Rafaut, par exemple. Elle a dans son premier cercle Claude Bébéar, le fondateur d’AXA, première marque mondiale d’assurances depuis 10 ans, Norbert Dentressangle Investment, la société d’investissement de ce groupe logistique, ou encore celle des Decaux, Decaux Frères Investissements, ou Weber Investissements, la maison mère de la célèbre Financière de l’Échiquier. La banque Rothschild prête son expertise aux investissements du fonds.

De 18 à 60 personnes cette année

Pourquoi c’est important pour Apateq? Parce que dans un univers très concurrentiel, face à de gros groupes pétroliers ou industriels – puisque la start-up luxembourgeoise vend des unités de traitement des eaux du secteur pétrolier –, il ne faut pas faire d’erreur.

Chaque vente a un impact sur la société luxembourgeoise, toujours basée près de l’aéroport, non loin de la direction générale de la police et du siège de Ferrero.

«Mais de 18 personnes en 2018, nous sommes passés à 60 personnes cette année! Et ce n’est pas fini!» Car depuis peu, Apateq a aussi développé une solution de traitement des «scrub waters», de l’eau de lavage des gaz d’échappement des grands bateaux.