POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Indice Quality of Work

Les heures sup affectent la qualité de vie au travail



La dernière évaluation de la qualité de vie au travail au Luxembourg pointe du doigt les effets négatifs de l’accumulation des heures supplémentaires non récupérées, en particulier la difficulté qui en découle de concilier vie professionnelle et vie privée.

L’indice Quality of Work présenté le 29 novembre  a augmenté, pour atteindre 55,4 points en 2019 contre 54,4 points en 2018, et se maintient à un niveau relativement constant depuis cinq ans.

Cet indicateur, lancé en 2012 par la Chambre des salariés (CSL) en coopération avec l’Université du Luxembourg suit l’évolution de la qualité de vie au travail, en se basant sur des entretiens réalisés auprès de 1.500 personnes (dont 57% de résidents et 43% de frontaliers).

Parmi les facteurs qui impactent de manière négative la qualité de vie au travail, l’étude relève que la charge physique, le risque d’accident et la concurrence entre collègues diminuent, tandis que la charge émotionnelle augmente de 11% depuis 2016.

Le travail dans l’urgence comme la charge mentale affectent la qualité de vie au travail de manière stable (voir le graphique ci-dessus).

Du côté des impacts positifs, sur les cinq dernières années, la sécurité de l’emploi est en hausse de 9%, mais plusieurs facteurs affichent un recul. C’est le cas de la participation aux décisions, de l’autonomie au travail ou encore de la formation continue.

«Pour l’amour du travail»

L’étude indique également que le niveau de la motivation au travail, du bien-être et du risque d’épuisement professionnel est stable en 2019. «Néanmoins, sur les six ans d’enquête, le risque de burn out parmi les participants a augmenté de 18%», lit-on dans l’étude.

Celle-ci se focalise par ailleurs sur la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle. Et pointe du doigt l’inflation des heures supplémentaires effectuées par les salariés luxembourgeois. «Le temps effectif déclaré se situe toujours entre 2,4 et 3,3 heures au-dessus du temps de travail hebdomadaire convenu», signale l’étude.

Principale raison évoquée par 46% des employés: le travail ne peut être réalisé dans les délais prévus par le contrat. 13% dépassent leurs heures «pour l’amour du travail» et 4% pour gagner davantage d’argent. Et 31% des salariés qui ont fait des heures supplémentaires ne les ont pas récupérées, en temps libre comme en rémunération.

L’indice montre qu’à l’accumulation d’heures supplémentaires s’ajoute le fait que plus du tiers (37%) des salariés ont renoncé à prendre des jours de congé au cours de la dernière année.

«Plus d’heures on travaille par semaine, plus on a tendance à renoncer à prendre des jours de congé, faisant gonfler le temps de travail annuel. Le processus de récupération et de repos est alors mis en danger jusqu’à épuisement de l’énergie disponible», précise l’étude.

Au final, 43% des répondants reconnaissent avoir des difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée.