POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

INFRACHAIN

Hansen annonce une blockchain publique



241903.jpg

Marc Hansen: «Nous sommes déterminés à être des pionniers! Si les autorités se lancent dans cette initiative, cela devrait amener le secteur privé à en faire autant.» (Photo: Matic Zorman/Paperjam archives)

Le ministre délégué à la Digitalisation, Marc Hansen, a annoncé lors de l’ouverture du deuxième Infrachain Summit à la Spuerkeess, ce jeudi matin, le lancement d’une blockchain «publique», développée par le CTIE et le Sigi. Une première mondiale.

«Nous allons lancer une blockchain publique, probablement unique au monde, dont les opérateurs seront le CTIE et le Sigi, à un niveau national et local.» Le ministre délégué à la Digitalisation, Marc Hansen , n’a pas fait le déplacement à la deuxième édition du sommet Infrachain pour rien.

«Nous allons mener des expériences sur les premières applications possibles, pour mieux comprendre les opportunités. Mais nous sommes déterminés à être des pionniers! Si les autorités se lancent dans cette initiative, cela devrait amener le secteur privé à en faire autant», ajoute-t-il.

Une e-administration fluide et simple

L’idée est assez simple à comprendre: le Centre des technologies de l’information de l’État et le Syndicat intercommunal de gestion informatique seront les artisans de la volonté de l’État de passer non seulement à une e-administration complète, mais aussi fluide dans les relations entre tous les acteurs institutionnels, à tous les niveaux.

La technologie de la blockchain permet normalement de gagner du temps et de l’argent. Si les applications restent encore rares, les prototypes existent par milliers, et doivent s’assurer d’être en phase avec les différentes réglementations, bancaires ou sur la vie privée.

Quand l’État donne une dimension nationale à un tel projet, il dit qu’il sera le garant que ces applications apporteront toutes les garanties que particuliers et entreprises sont en droit d’attendre.

Ne laisser personne au bord du chemin

Renouveler plus facilement son permis de conduire après avoir déjà rempli une partie des documents sur des aspects qui ne changent pas, accélérer et faciliter les démarches... les usages potentiels sont très nombreux. Le tout dans un environnement sûr et sécurisé.

Mais le ministre a pris le soin d’ajouter un autre volet à ce développement: l’inclusion digitale. «Tout le monde doit pouvoir avoir accès à ces technologies. Cela ne peut pas être le privilège d’une classe sociale.»

La nouvelle a évidemment fait le bonheur d’Yves Wengler, président du Sigi depuis 2002 et bourgmestre d’Echternach. Et cela se comprend. Le syndicat des communes gère chaque année 125 millions de transactions bancaires par jour et 2 millions de factures par an. 

La BCEE à la pointe

«La blockchain n’est pas une menace pour le business traditionnel, mais une source d’opportunités», avait dit la directrice générale de la Spuerkeess, Françoise Thoma , à l’ouverture de cette conférence, au Rousegaertchen.

Après avoir rappelé que le contexte avait changé avec l’adoption de la loi du 1er mars 2019, Mme Thoma a insisté sur une dimension pas toujours bien connue du travail de l’institution bancaire. Pour se moderniser, la BCEE a mis en place des équipes en interne qui réalisent 90% de la digitalisation.

Hier, au cours de son discours, la directrice générale a insisté sur les deux premiers projets qui vont être lancés, les crédits étudiants et les domiciliations de nouvelle génération, mais aussi sur la collaboration de la banque avec le SnT autour de la cybersécurité. Puis Mme Thoma est repartie pour la revue de la banque par Standard & Poor’s.

11 millions de bouteilles de vin vers l’Asie

Infrachain est une organisation à but non lucratif, lancée au Luxembourg en novembre 2016, pour qu’une blockchain à permission puisse favoriser le déploiement opérationnel de plus de 1.000 POC (proofs of concept ou prototypes) d’application de blockchain. Elle réunit partenaires privés et publics autour de leur volonté d’être conformes à toutes les réglementations.

Pour l’occasion, hier, EY avait déplacé son leader mondial, Paul Brody. Le cabinet d’audit a décidé, pour accélérer l’adoption de la blockchain, de mettre la sienne, Nightfall, en open source dès la semaine prochaine et sans aucune restriction.

Ou comment suivre 11 millions de bouteilles de vin, quand on est à Shanghaï. Un des exemples d’utilisation concrète lancée par le cabinet. Ou comment réduire la durée de certaines transactions de 45 jours à 4 minutes pour 40% moins cher dans le cadre du produit déployé chez Microsoft.

Le temps, c’est de l’argent, dit le bon sens. Bien avant que l’idée de la blockchain ne voie le jour.