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Stratégie

Grant Thornton déménage pour mieux croître



Grant Thornton a inauguré ses nouveaux bureaux rue de Bitbourg vendredi 7 juin. (Photo: Matic Zorman)

Grant Thornton a inauguré ses nouveaux bureaux rue de Bitbourg vendredi 7 juin. (Photo: Matic Zorman)

Le cabinet d’audit et de conseil inaugure ce vendredi 7 juin ses nouveaux locaux dans le quartier de Hamm. Il en a profité pour revoir ses méthodes de travail.

6.000m2 d’espaces de bureaux, qui pourront accueillir jusqu’à 400 salariés à terme. Grant Thornton Luxembourg a vu grand pour ses nouveaux locaux, situés au 13 rue de Bitbourg et inaugurés ce vendredi soir.

Ce sont 280 salariés qui ont déménagé dans les nouveaux bureaux, pour lesquels Grant Thornton a signé un bail de neuf ans, et dont le promoteur est le fonds d’investissement Greenfinch Global Invest Fund.

Romain Bontemps , managing partner de Grant Thornton Luxembourg, avait hésité avec les quartiers de Gasperich et Kirchberg: il a cependant estimé que le premier n’était pas encore «stabilisé» du fait des chantiers en cours et que le second était trop enclavé avant la prolongation du tramway. Howald aurait aussi pu avoir sa préférence, s’il n’avait pas eu l’inconvénient de ne pas porter la marque «Luxembourg» dans son adresse.

«Constante prospection»

Le cabinet a investi environ trois millions d’euros dans l’aménagement intérieur, qui favorise les lieux de vie et les échanges entre les équipes. Une «social room» avec table de ping-pong et baby-foot a notamment été prévue au dernier étage.

«Le nouveau bâtiment symbolise notre agilité. La cage d’escalier me plaît beaucoup: elle est très atypique pour un immeuble de bureaux, où les escaliers sont généralement utilisés comme sortie de secours. Cela montre les entrailles de notre cabinet et est un gage de transparence», explique Romain Bontemps.

Mais les cartons sont à peine défaits que ce dernier voit déjà plus loin. «Une stratégie immobilière se planifie à long terme. Le personnel croît d’environ 10% par an et il arrivera un jour où ce bâtiment deviendra trop petit. Nous pouvons grandir encore sur les lieux, même si nous sommes en constante prospection pour d’autres sièges», note Romain Bontemps.

6.000m2 d’espaces de bureaux pourront accueillir jusqu’à 400 salariés à terme, rue de Bitbourg. (Photo: Matic Zorman)

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«La cage d’escalier me plaît beaucoup: elle est très atypique pour un immeuble de bureaux, où les escaliers sont généralement utilisés comme sortie de secours. Cela montre les entrailles de notre cabinet et est un gage de transparence», explique Romain Bontemps, managing partner de Grant Thornton. (Photo: Matic Zorman)

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Depuis le toit-terrasse, les salariés peuvent profiter d’une vue panoramique à 360 degrés. (Photo: Matic Zorman)

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Il n’existe pas de restaurant d’entreprise, mais un espace a été prévu au dernier étage pour que les salariés partagent leur déjeuner. Juste à côté se trouve une «social room» avec baby-foot, table de ping-pong et espaces de détente. (Photo: Matic Zorman)

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«La cage d’escalier me plaît beaucoup: elle est très atypique pour un immeuble de bureau, où les escaliers sont généralement utilisés comme sortie de secours. Cela montre les entrailles de notre cabinet et est un gage de transparence», explique Romain Bontemps, managing partner de Grant Thornton. (Photo: Matic Zorman)

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Au rez-de-chaussée, cette pièce a été conçue pour être modulable et accueillir divers événements. (Photo: Matic Zorman)

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6.000 m2 d’espaces de bureaux pourront accueillir jusqu’à 400 salariés à terme, rue de Bitbourg. (Photo: Matic Zorman)

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Le cabinet a investi environ trois millions d’euros dans l’aménagement intérieur. (Photo: Matic Zorman)

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Le promoteur est le fonds d’investissement Greenfinch Global Invest Fund. Grant Thornton est locataire des bâtiments, et a signé bail de 9 ans. (Photo: Matic Zorman)

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Équipes mixées

Avec la réunion des équipes dans les nouveaux locaux, l’organisation du travail a été repensée. «La philosophie de travail est très différente ici. Nous avons voulu créer des contacts verticaux et horizontaux entre les équipes. Nous nous éloignons d’une organisation en silos métiers, avec des strates hiérarchiques très marquées, et nous allons vers davantage de transversalité, tout en gardant les spécialités de chacun, ce qui permet une meilleure réactivité», précise Romain Bontemps.

Le cabinet a ainsi veillé à mixer les équipes dans les étages pour assurer une pluridisciplinarité, au lieu d’avoir un métier par étage.

Le fait d’avoir réuni les équipes sur un même lieu permet par ailleurs de renforcer le sentiment d’appartenance au groupe.

Inflation réglementaire

Si Romain Bontemps s’imagine déjà à l’étroit dans les murs, c’est que le groupe est encore amené à se développer. «Une surprise est toujours possible en matière de croissance externe. Au Luxembourg, certains acteurs pensent qu’il est préférable de réunir ses forces pour atteindre une taille critique», souligne Romain Bontemps, qui rappelle sa dernière opération de  rachat de Vectis ACF  fin 2017.

Au-delà d’une éventuelle opération de croissance externe, le cabinet mise sur différents relais de croissance. Grant Thornton compte profiter de l’inflation réglementaire actuelle pour offrir ses services. «La vague de régulation a une ampleur telle qu’il n’y a plus d’égalité devant la loi si vous n’êtes pas conseillé. Un acteur sans conseiller ne se trouvera plus en terrain de jeu égal, il sera en situation de désavantage concurrentiel», remarque Romain Bontemps.

Romain Bontemps, managing partner de Grant Thornton Luxembourg. (Photo: Matic Zorman)

Romain Bontemps, managing partner de Grant Thornton Luxembourg. (Photo: Matic Zorman)

Le cabinet se positionne également sur les sujets liés au développement durable, en marquant davantage son territoire dans le domaine des certifications (égalité femme-homme, green bonds, etc.).

Vendredi 7 juin, il lance également un nouveau desk, baptisé «Tech Hub», qui rassemblera ses spécialistes de la blockchain, de la cybersécurité ou encore du paiement mobile, et qui intégrera une branche «Space», pour conseiller les entreprises qui gravitent dans cet écosystème.

Middle market

La concurrence des Big Four (PwC, Deloitte, EY, KPMG) ne l’inquiète pas outre mesure. «Nous respectons les Big Four, mais nous ne les craignons pas. Tout le monde se bat pour être perçu comme leader et les Big Four disposent là d’un avantage concurrentiel, notamment auprès des multinationales. Lorsque l’on a un déficit de leadership, il faut faire un ‘extra mile’: nous essayons donc d’être plus réactifs, moins chers, plus empathiques avec les clients», ajoute Romain Bontemps.

Le cabinet s’est d’abord fait une clientèle auprès des PME, ce qui est resté dans son ADN. Il va désormais viser davantage des entreprises de taille intermédiaire. «Sur le segment du middle market, les Big Four ne sont pas perçus comme des leaders. C’est pour cette raison que nous allons accélérer notre croissance sur ce type d’entreprises, et ce au niveau mondial», déclare Romain Bontemps.