POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Réforme fiscale

Gramegna ne taxera pas les gagnants de la crise



Pierre Gramegna, ministre des Finances, a rejeté l’idée de taxer davantage les entreprises en bonne santé pendant la crise sanitaire. (Photo: Archives/LaLa La Photo)

Pierre Gramegna, ministre des Finances, a rejeté l’idée de taxer davantage les entreprises en bonne santé pendant la crise sanitaire. (Photo: Archives/LaLa La Photo)

Ce week-end, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a balayé l’idée de taxer les entreprises ayant connu un surcroît d’activité pendant la pandémie. Tandis que le gouvernement ne souhaite pas de réforme fiscale avant 2023.

Interrogé sur la possibilité de créer un impôt «Covid» visant à taxer les «grands gagnants» de la crise sanitaire, le ministre des Finances est resté, comme à son habitude, pragmatique. Une possibilité qui avait été suggérée  par Dan Kersch , vice-Premier ministre, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire et ministre des Sports, lors du dernier congrès LSAP en mars dernier. 

Pierre Gramegna (DP) a souligné qu’il était très difficile de déterminer la notion de «gagnant». Pourtant, certains exemples sont manifestes. Le dernier en date est celui de  Cargolux, qui a signé en 2020 un bénéfice trois fois plus élevé que son record de 2018 .

L’ancien directeur de la Chambre de commerce a réaffirmé ce qui est pour lui une évidence: plus une entreprise fait de bénéfice et plus elle paie d’impôts. Ainsi, les «gagnants de la crise», autrement dit les entreprises qui ont pu gagner de l’argent du fait de la pandémie, seront de toute façon soumis à la fiscalité générale. A contrario, les entreprises «perdantes» sont épargnées, comme le prévoit déjà le cadre fiscal du pays. 

À la charge du prochain gouvernement

Une position qui va rassurer le patronat, qui avait fait front commun contre l’idée de Dan Kersch.

Plus globalement, Pierre Gramegna (DP) ne juge pas nécessaire de toucher à la fiscalité luxembourgeoise, que ce soit pour l’augmenter ou l’abaisser. Le ministre a rappelé que la crise sanitaire n’était pas encore terminée et qu’il était sans doute prématuré de changer les règles fiscales avec une réforme, même s’il est conscient que le Luxembourg n’est pas un pays d’abondance et que des inégalités fiscales sont toujours présentes. Il faudra donc attendre 2023 au moins pour que cette ambition resurgisse. 2023 étant une année électorale, on imagine mal cependant l’équipe de Xavier Bettel (DP) s’y atteler peu avant que les électeurs passent aux urnes, au risque d’en fâcher plus que d’en satisfaire.

La prochaine réforme fiscale sera donc à la charge du prochain gouvernement, à l’horizon 2024. Mais animera inévitablement la campagne qui précédera les élections. 

Pas le remède à tous les maux

Le ministre a rappelé que la dernière réforme fiscale de 2017 a apporté des améliorations pour une fiscalité plus juste et que des éléments de cette réforme étant ont encore été récemment mis en application. De plus, Pierre Gramegna a souligné que l’impôt et le cadre fiscal ne peuvent pas régler tous les maux du Luxembourg tout en rappelant que le gouvernement n’est pas resté les bras croisés puisque des mesures comme la réindexation des allocations familiales ont été décidées.