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étude du lns sur le covid-19

«Les gens sont encore très prudents» côté contacts sociaux



Ardashel Latsuzbaia relève une socialisation post-confinement moins marquée qu’avant la pandémie. (Photo : LNS)

Ardashel Latsuzbaia relève une socialisation post-confinement moins marquée qu’avant la pandémie. (Photo : LNS)

Les résidents n’ont toujours pas retrouvé le niveau de contacts sociaux d’avant-confinement d’après les derniers résultats de l’enquête du LNS et du FNR.

S’il y a bien eu un effet retrouvailles après la levée du confinement, les résidents restent sur la réserve concernant leurs contacts sociaux – à savoir toute conversation en face-à-face de plus de trois mots à une distance de moins de deux mètres –, démontre l’étude «Evolving social contact patterns during the Covid-19 crisis in Luxembourg». Une étude publiée sur le site Plos One et déjà évoquée par Paperjam . Ardashel Latsuzbaia, post-doctorant au Laboratoire national de santé (LNS), en est l’auteur principal.

Quels sont les principaux enseignements de votre étude?

Ardashel Latsuzbaia. – «L’étude montre une véritable chute des contacts sociaux pendant le confinement – de 17,5 à 3,2 en moyenne chaque jour. Le nombre moyen de contacts quotidiens a déjà commencé à augmenter après le 20 avril, lorsque les chantiers de construction et les centres de recyclage ont été rouverts. En juin, au cours de la période post-confinement, le nombre de contacts a plus que doublé, tout en restant 60% inférieur à celui de la période pré-pandémique.

Vous attendiez-vous à ces résultats?

«Nous nous attendions à une baisse des interactions sociales puisqu’il n’était pas autorisé de voir des gens, et à une augmentation de ces interactions après la levée des restrictions parce que les gens étaient fatigués de la distanciation sociale. Surtout en période estivale, il était logique que les gens veuillent socialiser. Mais ils n’ont pas pour autant retrouvé une socialisation normale puisqu’ils déclarent 7 interactions quotidiennes contre 17,5 avant la pandémie. La différence est tout de même élevée.

Un autre point important: les personnes plus âgées sont plus prudentes avec leurs interactions sociales que les plus jeunes. C’est un phénomène similaire à d’autres études européennes et cela suggère une attention accrue du fait du risque plus élevé d’hospitalisation et de décès les concernant.

Nous avons également observé une variation significative du nombre moyen de contacts selon le lieu où ils ont eu lieu. Le nombre de contacts le plus élevé a été signalé au travail, tandis que le nombre de contacts le plus faible a été signalé pendant les loisirs et au supermarché.

Votre étude s’achève fin juin. Quels sont les résultats du sondage réalisé début août?

«Nous avons reçu les réponses de 876 participants. Nous n’avons pas observé d’augmentation du nombre de contacts sociaux. Je pense que les gens sont conscients des risques et sont encore très prudents. Ceci explique pourquoi le nombre de nouveaux cas a baissé ces dernières semaines. La situation revient lentement sous contrôle après l’annonce par le gouvernement de nouvelles restrictions.»