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Mon premier job (10/10)

François Biltgen: «Saisir les opportunités par les cornes»



Encore étudiant de 1978 à 1982, François Biltgen a exercé le métier de journaliste pour le Républicain Lorrain. (Photo: DR)

Encore étudiant de 1978 à 1982, François Biltgen a exercé le métier de journaliste pour le Républicain Lorrain. (Photo: DR)

Quels ont été leur premier job d’étudiant, leur premier métier et leur premier salaire? Qu’en ont-ils fait, et quelle expérience en ont-ils retirée? Delano et Paperjam ont posé la question à une dizaine de personnalités au Luxembourg. Cette semaine: François Biltgen, ancien ministre et actuellement juge à la Cour de justice de l’Union européenne.

Quel a été votre premier job étudiant?

François Biltgen. – «J’étais encore étudiant à l’université, à Paris, mais je revenais pendant les vacances et je travaillais comme correspondant-pigiste pour le Républicain Lorrain au Luxembourg. Mon père y avait déjà collaboré, et j’ai fait de même pendant mes vacances de 1978 à 1982. Je faisais des petits – et quelquefois grands – reportages pour le journal et j’écrivais aussi des articles en allemand pour France Journal, la version allemande du Républicain Lorrain. C’était un travail qui me plaisait bien dans la mesure où je m’intéressais déjà à la vie publique du pays.

Quelle a été la rémunération de ce job étudiant et qu’avez-vous fait de ce premier salaire?

«Je ne me souviens pas du tout du montant de ma rémunération. Par contre, je crois que j’étais rémunéré à la ligne.

Quel a été votre premier «vrai» job?

«En janvier 1983, je suis devenu secrétaire du groupe parlementaire du Parti populaire chrétien-social (CSV). J’étais encore étudiant inscrit à Paris, et je devais faire un DEA en histoire contemporaine sur l’immigration italienne au Luxembourg, à Science Po. Je voulais aussi faire un doctorat en droit à l’Université Paris II. Mais, en décembre 1982, mon ami Michel Wolter m’a dit: ‘ Jean-Claude Juncker entre au gouvernement, et tu m’as toujours dit être intéressé par la politique. Pourquoi ne te portes-tu pas candidat pour devenir secrétaire parlementaire à la place de Jean-Claude Juncker?’. C’est ce que j’ai fait, et le groupe parlementaire m’a élu.

Quelle a été la rémunération de cet emploi et qu’avez-vous fait avec votre premier salaire?

«C’était certes un poste politique, car le secrétaire du groupe parlementaire fait partie du comité national du CSV, mais c’était aussi un poste rémunéré, car il devait organiser le secrétariat du groupe parlementaire. Cette rémunération était de 60.000 francs luxembourgeois par mois, si je me souviens bien. Avec ce premier salaire, je me souviens avoir acheté de la musique, des vinyles, mais aussi pris en location un appartement pour quitter le domicile et retourner à Paris fêter avec les amis.

Aujourd’hui, que diriez-vous au jeune François Biltgen vous tendant un CV pour un premier emploi?

«Il faut toujours saisir les opportunités par les cornes. C’est ce que j’ai fait lorsque j’ai quitté ma vie parisienne pour embrasser la politique, et m’engager personnellement dans la vie publique en vue de faire bouger les choses. C’était certes un risque, mais que j’ai pris. L’important est de saisir les occasions lorsqu’elles se présentent, mais surtout de faire un travail où l’on se plaît. Il n’y a pas de métiers qui comportent uniquement des avantages, et quelques fois, les métiers ont d’autres avantages que le salaire et les vacances.»