PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Investisseurs particuliers

Un fonds Ucits revient moins cher qu’un abonnement Spotify



Les investisseurs de détail paient moins pour des conseils financiers lors de l’achat d’un fonds commun de placement que pour des abonnements à des médias numériques, selon la European Fund and Asset Management Association. (Photo: Adeolu Eletu/Unsplash)

Les investisseurs de détail paient moins pour des conseils financiers lors de l’achat d’un fonds commun de placement que pour des abonnements à des médias numériques, selon la European Fund and Asset Management Association. (Photo: Adeolu Eletu/Unsplash)

Les investisseurs particuliers paient beaucoup moins pour le conseil et la gestion de fonds d’investissement que pour des abonnements à des médias numériques comme Spotify selon la European Fund and Asset Management Association (Efama).

Les personnes qui investissent dans des fonds Ucits de détail font une «très bonne affaire» et en ont «pour leur argent». C’est ce qu’affirme l’auteur du rapport « Perspective on the cost of Ucits », publié par l’European Fund and Asset Management Association en septembre.

Le rapport de l’Efama indique que le coût de possession d’un fonds d’OPCVM géré activement est de 1,68% pour toutes les classes d’actifs. Sur ce montant, 41% sont consacrés à la gestion du fonds, 38% à la distribution et au conseil, et les 21% restants aux frais administratifs, fiscaux et autres.

Le coût de possession d’un OPCVM indiciel était de 0,57% pour les fonds d’actions et de 0,48% pour les fonds d’obligations, selon l’Efama. Les dépenses sont légèrement différentes: 38% sont consacrées à la distribution et au conseil, 35% à la gestion du fonds et les 27% restants aux frais administratifs, fiscaux et autres.

L’Efama a effectué ses calculs en utilisant les données de Fitz Partners, un bureau de recherche qui gère une base de données sur les frais des fonds d’investissement européens et britanniques.

L’association professionnelle a ensuite simulé la performance «réelle» d’un investissement effectué par un investisseur individuel. L’Efama a cité des données de l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) qui montrent que «la valeur totale d’un investissement de 500 euros dans un OPCVM actions géré activement et de 500 euros dans un OPCVM indiciel effectué fin 2009 était, en moyenne, de 2.530 euros 10 ans plus tard, en tenant compte de l’impact de tous les coûts. Le rendement net (1.530 euros) peut être comparé au total des frais retenus par le gestionnaire du fonds (76 euros), le distributeur/conseiller (76 euros) et les autres prestataires de services (43 euros).»

Le coût est faible

Le rapport de l’Efama indique ensuite: «Cet exemple concret du type d’investissement disponible pour les citoyens européens montre que le coût des OPCVM et des conseils financiers est faible, tant en termes relatifs qu’absolus. Payer un total de 76 euros sur 10 ans, soit 7,60 euros par an en moyenne, pour bénéficier de services d’investissement professionnels ne peut être considéré comme déraisonnable ou excessif, surtout à la lumière du taux de rendement net que l’investissement a rapporté, c’est-à-dire 153% après le total des coûts. Il en va de même pour les frais totaux versés au distributeur/conseiller (76 euros) sur une période de 10 ans, sachant que cela implique généralement des réunions en face à face avec les clients pour comprendre leur goût du risque, leurs objectifs financiers et leur situation financière.»

«Pour mettre davantage ces coûts en perspective, un abonnement à un service de musique numérique, de podcast et/ou de vidéo tel que Spotify Premium coûte au moins 9,99 euros par mois, soit 1.199 euros sur 10 ans.»

En d’autres termes, un investisseur particulier dépenserait environ 15 fois plus pour son abonnement à Spotify que pour un conseil d’achat d’un fonds commun de placement sur une période de 10 ans (bien qu’il s’agisse de comparer un seul placement et non l’ensemble du portefeuille de l’épargnant). L’Efama prévient que les coûts spécifiques peuvent varier et que ces calculs sont effectués sur des moyennes de référence.

Certains au sein de l’UE ont plaidé pour l’adoption du modèle britannique, où les investisseurs individuels paient directement les conseils financiers et où les «incitations» (paiements de la société de fonds au conseiller ou à la banque qui conseille les clients de détail et vend ensuite ses produits) sont interdites. Selon l’Efama, l’application de cette approche à l’UE ferait passer le coût moyen du conseil de 76 à 143 euros.

Transparence sur les coûts

«Ce n’est rien, bien sûr, contre Spotify», a déclaré Bernard Delbecque, directeur principal de l’économie et de la recherche de l’Efama, lors d’un entretien avec Delano. Expliquant pourquoi l’organisation a produit ce rapport, Bernard Delbecque a déclaré que l’industrie des fonds voulait être «transparente sur les coûts incombant aux investisseurs qui ont investi dans des OPCVM».

En citant les exemples inclus dans le rapport, Bernard Delbecque a estimé que les investisseurs individuels «ont fait une très bonne affaire… Il y a cet argument selon lequel les fonds d’OPCVM sont trop chers et donc peut-être que ce n’est pas un bon investissement. Ok, qu’est-ce qui est trop cher?»

Ce type d’investissement est bien moins cher que Spotify, par exemple. Il espère que le rapport démontrera comment les investisseurs de détail en ont «pour leur argent».

«Bien que nous apprécions beaucoup le travail effectué par l’Esma dans ce domaine, nous pensons qu’il est assez utile d’ajouter quelques données en plus des chiffres publiés par le régulateur européen plus tôt cette année. Nous étions d’avis que l’Esma, du moins dans son communiqué de presse, mettait beaucoup l’accent sur le coût et pas assez sur la performance.» L’implication est que «les clients de détail continuent à être perdants en raison des coûts plus élevés des produits d’investissement», une position que le groupe professionnel estime «pas assez équilibrée».

Bernard Delbecque a déclaré qu’il espérait que l’Esma «apprécierait les efforts que nous faisons pour accroître encore la transparence. Il ne s’agit pas de blâmer quelqu’un et, naturellement, nous avons une bonne relation avec l’équipe de recherche de l’Esma.»

Mais il aimerait que le régulateur européen jette un coup d’œil aux chiffres de l’Efama.

Cet article a été écrit pour Delano , traduit et édité pour Paperjam.