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Fonds d’investissement: le vrai cancre climatique 



Coal-fired power station Weisweiler near Eschweiler in the Rhenish lignite mining area owned by RWE AG.  (Photo: © Bernd Lauter/ Greenpeace)

Coal-fired power station Weisweiler near Eschweiler in the Rhenish lignite mining area owned by RWE AG. (Photo: © Bernd Lauter/ Greenpeace)

Greenpeace Luxembourg dévoile la face cachée de l’industrie financière du Grand-Duché en chiffrant l’impact climatique de ses 100 plus grands fonds d’investissement.

Le Luxembourg souffre d’une triste réputation, puisqu’en Europe, en termes d’empreinte carbone moyenne par personne, ses habitant·es sont les plus mauvais élèves. Alors qu’ils/elles sont appelé·es à adopter un mode de vie plus durable, le vrai cancre du pays est autorisé à poursuivre son œuvre climaticide: le secteur financier. 

Le Grand-Duché est la deuxième place mondiale pour les fonds d'investissement, qui injectent chaque année des milliards d'euros dans les industries polluantes. Toutefois, la quantité de gaz à effet de serre financée par les fonds reste inconnue, en raison de l’absence d’exigences de divulgation des informations environnementales. 

Afin d'exposer les effets néfastes des fonds d’investissement luxembourgeois sur l'environnement et la viabilité du secteur, Greenpeace a commandé une expertise indépendante. Celle-ci s’est penchée sur les investissements en 2019 des 100 plus grands fonds d'investissement domiciliés au pays (sur la base du volume de leurs actifs sous gestion) en termes d'émissions de carbone financées, d'alignement sur l’accord de Paris et d'exposition aux risques financiers liés au climat.

Les résultats parlent d’eux-mêmes:

4°C

Les fonds analysés investissent en moyenne selon un scénario de 4°C d’augmentation de la température, soit bien au-delà des objectifs climatiques de l'accord de Paris, que le gouvernement luxembourgeois a pourtant ratifié.

39 millions

C’est le nombre de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre dont ont été responsables en 2019 ces 100 fonds, soit 4 fois plus que les émissions nationales du Luxembourg. Et ils ne représentent que 9% des 4,7 billions d’euros d’actifs sous gestion dans le pays. Le rapport n'a en outre abordé que les émissions de scopes 1 et 2. Par conséquent, les émissions de GES financées par les fonds devraient être encore beaucoup plus élevées.

7 ans

Les entreprises dans les portefeuilles d'investissement des 100 plus grands fonds auront épuisé leur budget carbone d’ici 2027, c’est-à-dire que la quantité d'émissions dont ils disposent d’ici 2050 dans un scénario <2°C sera dépensée au cours des sept prochaines années.

Exposition aux réserves de charbon supérieure à l'indice MSCI World

Selon l’analyse, l'exposition des fonds aux réserves de charbon est nettement supérieure à celle de la référence. Le charbon est le combustible fossile le plus sale et est considéré comme le plus susceptible de perdre de la valeur dans un avenir proche.

Si l'industrie luxembourgeoise des fonds d'investissement veut être viable et compétitive à l'avenir, les dirigeants financiers et les décideurs politiques doivent mettre en œuvre des mesures pour que le secteur s'aligne sur les conclusions scientifiques et réponde aux risques financiers liés au changement climatique ainsi qu’à la demande du marché pour des solutions d'investissement durables.

Les acteur·ices politiques du pays, qui ne cessent de désigner le Luxembourg comme un centre de premier plan en matière de finance durable, doivent passer des paroles aux actes. Aligner l'industrie financière sur les objectifs de l'accord de Paris est à la fois une nécessité et une opportunité pour le pays.

Plus d’informations sont disponibles ici.

Aerial photo of coal-fired power station Niederaussem near Bergheim in the Rhenish lignite mining area owned by RWE Power AG.  © Bernd Lauter/ Greenpeace

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Martina Holbach Greenpeace

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