PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Wealth management

Dans le club des signataires UN PRI

La Fondation de Luxembourg, investisseur engagé



Tonika Hirdman, directrice générale de la Fondation de Luxembourg, a poussé, depuis le début, les investissements responsables. (Photo: Mike Zenari/archives)

Tonika Hirdman, directrice générale de la Fondation de Luxembourg, a poussé, depuis le début, les investissements responsables. (Photo: Mike Zenari/archives)

La Fondation de Luxembourg, chargée des objectifs philanthropiques des investisseurs de la Place, est désormais reconnue par l’UN PRI, l’organisme onusien en charge des Principes pour l’investissement responsable.

La Fondation de Luxembourg est désormais signataire des Principes pour l’investissement responsable des Nations unies (UN PRI). Une reconnaissance du travail de la jeune institution, qui s’est alignée sur ces principes stricts depuis 2018.

«Nous investissons de manière durable depuis notre création en 2009», commente Tonika Hirdman , directrice générale de la Fondation. «Notre méthodologie n’a donc pas vraiment dû évoluer. Par contre, désormais, nous sommes soumis à un reporting annuel, afin de détailler les mesures prises pour atteindre ces objectifs.»

Depuis plus de 10 ans, l’institution se charge de créer et gérer des fondations pour le compte de donateurs, qui profitent ainsi de sa structure et de son expérience. Actuellement, elle abrite 85 entités pour un montant total de fonds qui atteint environ 240 millions d’euros.

Une partie de cet argent est placée dans des projets selon la volonté du donateur: environnement, santé, lutte contre la pauvreté, éducation, etc. Une autre est investie en produits financiers, afin de dégager de nouveaux moyens.

Nous avons dû sensibiliser le secteur des banques, afin qu’il élargisse son offre en matière de produits ISR.
Tonika Hirdman

Tonika Hirdman,  directrice générale,  Fondation de Luxembourg

C’est concernant ce deuxième pilier des responsabilités que l’équipe de Tonika Hirdman a dû concentrer ses efforts pour garantir des investissements réellement responsables. «Nous avons dû sensibiliser le secteur des banques, afin qu’il élargisse son offre en matière de produits ISR», explique-t-elle.

Elle pointe cependant une importante évolution à ce niveau depuis les directives édictées par la Commission européenne, pour plus de transparence de la part des entreprises en matière d’investissements responsables, et la publication d’une taxonomie qui définit clairement ce qu’est un produit financier responsable.

La Fondation de Luxembourg a calculé que 80% de ses placements répondent aux normes des investissements socialement responsables (ISR). Objectif 100%? «Ce n’est pas une contrainte», explique la directrice. «Ce qui nous est demandé, c’est avant tout de promouvoir les principes UN PRI.»

Elle note d’ailleurs que certains donateurs, qui lui ont confié la mise sur pied et la gestion de leur fondation, ne sont pas – pas encore? – réceptifs à ce genre d’investissements. «Ce qu’il faut par contre remarquer, c’est que parmi les 3.600 signataires des principes des Nations unies, on compte à peine 40 fondations», observe madame Hirdman.

Peu de fondations ont eu, jusqu’à présent, le réflexe d’investir de manière responsable, alors que les fonds engagés visent souvent à résoudre des problèmes sociaux ou environnementaux. «Le problème est que, dans beaucoup de fondations, les équipes chargées de l’investissement et celles qui gèrent les différentes causes communiquent peu entre elles.»

Une équipe flexible

Ce qui n’est pas le cas de la Fondation de Luxembourg, qui compte une petite équipe de huit personnes, ce qui lui assure proximité et flexibilité.

Après une année marquée par la crise sanitaire, qui n’a vu la création «que» de six nouvelles fondations, cette année commence plutôt bien avec trois nouveaux projets dans les starting-blocks. Mais il faut aussi retenir du dernier exercice, la création par la Fondation elle-même d’une Fondation Covid-19 , destinée à récolter des dons pour financer différents projets liés à la pandémie. Lancée début avril 2020, elle a déjà permis de rassembler 1,5 million d’euros. Actuellement, 87% de l’argent réinjecté l’a été dans des causes qui touchent directement le Luxembourg, essentiellement dans le social et la recherche.

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