ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Horizon 2020

Financement en cascade: une aubaine pour les PME



Le soutien financier à des tiers (aussi appelé FSTP) est un instrument méconnu du programme-cadre Horizon 2020. (Photo: Paperjam / Archives)

Le soutien financier à des tiers (aussi appelé FSTP) est un instrument méconnu du programme-cadre Horizon 2020. (Photo: Paperjam / Archives)

Instrument méconnu du programme-cadre Horizon 2020, le soutien financier à des tiers (aussi appelé FSTP) offre pourtant de belles opportunités pour les entreprises dans l’accélération de la mise sur le marché de leurs produits, services et procédés innovants. 

Pour une PME, participer à un appel d’offres/à projet européen dans le cadre du programme-cadre Horizon 2020 implique d’être aussi confrontée à la machinerie bureaucratique européenne. Il existe un autre mécanisme plus simple et plus attractif pour les entreprises, mis en place par la Commission européenne: le financement en cascade.

Il s’agit, concrètement, de sous-subventions, qui sont gérées et versées par les bénéficiaires des financements initiaux. Ainsi, les appels à proposition et les décisions de financement ne sont plus du ressort de la Commission européenne, mais des organisations académiques et des entreprises industrielles menant le projet.

À charge pour elles de publier elles-mêmes les propres appels à propositions, communément appelés «Open Calls», afin d’attirer des groupes spécifiques de bénéficiaires potentiels, en particulier des jeunes pousses et des PME. Les montants de subventions octroyées vont alors de 50.000 à 200.000 euros pour chacune des tierces parties retenues.

Candidatures simplifiées

«Ce mécanisme n’est pas forcément connu par les entreprises, mais il est pourtant intéressant, car il permet à des petites structures de pouvoir être intégrées à des projets qui, à la base, sont trop gros pour elles», résume Géraud Guilloud, advisor - European R&D and Innovation Support chez Luxinnovation.

L’avantage de ces appels à candidatures est que leur candidature est moins volumineuse (une dizaine de pages en moyenne) et que les temps d’évaluation sont plus courts. «Une start-up ou une PME qui veut répondre à de tels appels voit sa prise de risque financée», indique M. Guilloud.

Ces financements en cascade couvrent, dans leur grande majorité, les thématiques digitales – notamment autour d’Industrie 4.0 – et les nanomatériaux.

Initiatives regroupées

L’une des difficultés majeures, pour les entreprises, est de se tenir informées de la publication de ces appels, qui présentent tous des conditions d’éligibilité et des calendriers différents sur toutes les thématiques digitales (HPC, AI, cloud, software, hardware, AR/VR, 5G…). Il existe bien une plateforme qui les recense, mais il n’est pas forcément facile de s’y retrouver. C’est aussi une des missions de l’équipe des financements européens au sein de Luxinnovation d’aider à s’orienter dans cet écosystème complexe.

Bon nombre de «calls» sont néanmoins regroupés au sein d’initiatives distinctes: I4MS (ICT Innovation for Manufacturing SME) pour la digitalisation des processus manufacturiers; NGI (Next Generation Internet) pour des développements internet et softwares, ou encore SAE (Smart Anything Everywhere) pour les technologies digitales embarquées.

«Nous avons par exemple le cas du projet ‘CloudiFacturing’, développé par un consortium d’entreprises et d’instituts de recherche, sur la mise à disposition de capacités de calculs et de modélisation pour un super-ordinateur de type HPC. Cela vise des entreprises manufacturières qui cherchent à donner une forte valeur ajoutée à leurs données», explique Géraud Guilloud.

«Une fois l’infrastructure mise en place, ce consortium a lancé une série de petits appels à projets pour permettre à des plus petites structures d’utiliser ces infrastructures et valider un certain nombre de paramètres afin que l’ensemble de ces technologies puisse être intégré.»

La philosophie du programme-cadre Horizon 2020, et encore plus celle de son successeur, Horizon Europe, qui entrera en vigueur en 2021, met l’accent sur les initiatives structurantes et la création de véritables écosystèmes. «Un tel système de projets en cascade permet de faciliter cette approche», conclut M. Guilloud.

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