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La Fed baisse ses taux, une première depuis 10 ans



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Jerome Powell, patron de la Fed, a annoncé une baisse des taux de 25 points de base. (Photo: Réserve fédérale américaine)

La Réserve fédérale américaine a annoncé une baisse de 25 points de base de ses taux directeurs mercredi 31 juillet.

C’est une première depuis fin 2008: la Réserve fédérale américaine (Federal Reserve, Fed) a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base, à l’issue d’une réunion de son comité de politique monétaire (Federal Open Market Committee, FOMC) le 31 juillet.

Jusqu’à présent, la Fed appliquait des taux d’intérêt compris entre 2,25% et 2,50%; ils passeront donc entre 2,00% et 2,25%. L’objectif: contrer le bas niveau de l’inflation (1,3% en zone euro et 1,4% aux États-Unis en juin 2019) et stimuler la croissance.

Baisse mesurée

La baisse aura finalement été mesurée, alors que Donald Trump avait poussé pour une «forte baisse des taux» de la Fed, estimant que les banques centrales étrangères utilisent la politique monétaire pour déprécier leur monnaie au détriment des exportateurs américains.

«Ce n’est pas le début d’une longue série de baisse des taux», a précisé Jerome Powell, patron de la Fed, lors d’une conférence de presse. «Il faudrait le faire si on constatait une faiblesse marquée de l’économie», a-t-il ajouté. Or, la croissance américaine atteint toujours 2,1% et le chômage est au plus bas.

Des déclarations qui n’ont pas été du goût de Donald Trump, qui s’est fendu de plusieurs tweets, attaquant de front Jerome Powell.

Tentatives d’influence

«La perception que les banques centrales ne sont plus complètement indépendantes va compliquer sérieusement leur travail et risque d’affaiblir l’efficacité de leur politique», écrit Joachim Fels, économiste (et conseiller économique mondial de Pimco), dans une tribune parue dans Le Monde le 31 juillet .

Il pointe ainsi du doigt les conséquences néfastes des tentatives d’influence des dirigeants politiques sur les décisions de politique monétaire des banques centrales.

Et note un effet pervers possible: «Il y a un risque, c’est qu’afin de prouver son indépendance de toute interférence, la Fed maintienne une politique plus resserrée que ne le prévoient les objectifs fixés dans son mandat».

La BCE pourrait quant à elle annoncer un nouveau fléchissement de son taux de dépôt en septembre (aujourd’hui négatif, à -0,4%), tandis que son taux de refinancement est à 0,00% depuis mars 2016.