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Art ancien

Fascinante sculpture baroque espagnole



Détail de la sculpture de saint François d’Assise par Pedro de Mena. (Photo: Dominique Provost)

Détail de la sculpture de saint François d’Assise par Pedro de Mena. (Photo: Dominique Provost)

Le Musée national d’histoire et d’art (MNHA) présente une exposition dédiée à l’art baroque espagnol, réunissant des peintures des plus grands peintres de cette époque et en particulier un ensemble exceptionnel de 10 sculptures hyper réalistes.

Le Siècle d’or est à l’honneur dans l’exposition «Murillo, De Mena, Zurbarán – Maîtres du baroque espagnol» que présente actuellement le Musée national d’histoire et d’art, en collaboration avec le Musée du Sint-Janshospitaal de Bruges. Un art baroque entièrement au service de la foi, où les œuvres d’art doivent susciter la ferveur et l’adhésion des catholiques pris dans la tourmente de la Contre-Réforme.

L’exposition permet de découvrir des peintures de grands maîtres que sont Murillo et Zurbarán, mais aussi, ce qui est beaucoup plus rare, un ensemble de 10 sculptures hyper réalistes, dont huit sont l’œuvre du plus grand sculpteur baroque espagnol, Pedro de Mena.

Des œuvres rares en dehors de l’Espagne

«Ces sculptures polychromes sont quasi absentes des collections de musées, mais on en trouve encore beaucoup dans les églises et les couvents en Espagne», explique Michel Polfer, directeur du Musée national d’histoire et d’art (MNHA). «L’ensemble qui est présenté ici est le plus grand ensemble jamais réuni en dehors de l’Espagne à l’échelle mondiale. C’est donc une occasion extraordinaire de découvrir ces œuvres réalisées par celui qu’on appelle aussi le ‘Bernini espagnol’.» Ces sculptures de Pedro de Mena constituent en effet le point d’orgue de l’exposition et démontrent de manière tout à fait convaincante que la sculpture du 17e siècle en Espagne n’avait rien à envier à la peinture à la même époque.

   

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«La sculpture baroque espagnole manque encore de reconnaissance aujourd’hui, alors qu’on peut vraiment la considérer au même niveau de qualité que la peinture de cette époque. Il s’agit pour moi d’un dénigrement qui est non justifié», justifie Michel Polfer. «Ces œuvres témoignent d’un art très abouti et d’une parfaite maîtrise de la technique de la sculpture polychromique sur bois.»

Comparaison entre la sculpture et sa radiographie. (Photo: CHdN)

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Exemples de radiographies réalisées sur une des sculptures. (Photo: CHdN)

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Pour mettre en valeur cette technique exceptionnelle, la première partie de l’exposition est consacrée à un espace didactique qui révèle justement cette technique si particulière de la sculpture polychromique et sa grande complexité de mise en œuvre. Un partenariat mis en place avec le Centre hospitalier du Nord a permis de radiographier les sculptures de l’exposition et ainsi de mieux comprendre ce qui se cache derrière ces œuvres si parfaites. Des vidéos expliquent aussi les différentes étapes de réalisation de ces sculptures et les matériaux utilisés.

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Des sculptures plus vraies que nature

«Nous pouvons voir très clairement sur les images que les sculptures sont en fait composées de plusieurs morceaux qui sont assemblés les uns aux autres, et que le cœur des sculptures est vide pour qu’elles pèsent moins lourd», explique Muriel Prieur, chef de la restauration au MNHA. On notera que pour plus de réalisme, certaines sculptures présentent des yeux en verre, des dents en ivoire, des cils en cheveux, des ongles en corne ou encore de la dentelle au fuseau ou des ceintures en cordes. Des postiches qui viennent compléter une maîtrise parfaite de la peinture sur bois pour créer une statuaire destinée à toucher l’âme, à déclencher de puissantes émotions par leur effet de mimétisme. Un rendu si réaliste au service de la foi, que ce soit dans les églises, les couvents ou lors de processions populaires. La confrontation avec les peintures de leur temps permet aux visiteurs de mieux contextualiser leur iconographie, celle de la Contre-Réforme. Contre le doute protestant, le culte marial est renforcé avec des représentations de l’Immaculée Conception, ou encore l’Ecce homo et la Mater dolorosa, qui sont des thèmes récurrents dans l’art espagnol depuis le Moyen Âge.

Un catalogue d’exposition est réalisé à cette occasion.

«De Mena, Murillo, Zurbarán – Maîtres du baroque espagnol», du 24 janvier au 18 octobre au Musée national d’histoire et d’art, Marché-aux-Poissons à Luxembourg.