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Investissements

Les familles fortunées attirées par l’immobilier



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Les prévisions pour 2020 montrent d’ailleurs que 39% des investisseurs prévoient d’accroître leur poids dans les investissements directs en private equity. (Photo: Shutterstock)

Une étude d’UBS sur les investissements privilégiés par les family offices montre leur intérêt croissant pour l’alternatif, source de meilleurs rendements. L’immobilier en tête.

Quand on ne sait plus vers quels actifs se tourner pour investir son argent, le mieux est sans doute de regarder ce que font les autres. Et comme tout le monde ne peut pas être fan de Warren Buffett, pourquoi ne pas s’inspirer des choix effectués par les professionnels des family offices pour leurs clients, les familles fortunées?

C’est en tout cas ce que propose UBS dans son enquête annuelle. En collaboration avec Campden Wealth Research, la banque analyse la stratégie d’investissement de 360 family offices répartis aux quatre coins de la planète.

La grande tendance pointée lors de cette dernière édition est l’attrait de l’immobilier, qui atteint désormais 18% du total. Plus largement, les investissements alternatifs représentent désormais 40% du portefeuille moyen, une augmentation de 1,4% par rapport à l’étude 2018. Cette évolution s’explique, en période de taux bas et de volatilité des marchés financiers, par la recherche de rendement et de diversification.

Les prévisions pour 2020 montrent d’ailleurs que 39% des investisseurs prévoient d’accroître leur poids dans les investissements directs en private equity, 28% le feront à travers des fonds de private equity et 16% rechercheront à faire gran­dir la partie «brique» de leur portefeuille.

Les pays émergents prisés

Une autre tendance est l’accentuation du poids des pays émergents. Cela est particulièrement visible au niveau des actions. En 2020, les actions en provenance de ces pays devraient être en hausse de 29% dans les portefeuilles analysés, alors que celles des marchés industrialisés seront en baisse de 7,7%. Dans ce climat de rendements faibles et de volatilité des marchés, les différents points du globe n’ont pas connu le même niveau de retour sur investissement.

Les zones Asie-Pacifique et marchés émergents sont celles qui ont obtenu les meilleures performances avec des retours de 6,2% en 2018. Les family offices d’Amérique du Nord ont obtenu 5,9% tandis que l’Europe ferme la marche avec seulement 4,3%. La moyenne mondiale atteint, quant à elle, 5,4%.

Actions et obligations

Les titres cotés en bourse restent toujours la principale valeur porte­feuille des family offices. Leur poids de 32% se répartit en 25% d’actions des marchés développés et 7% d’actions des marchés émergents. Mais la baisse de 1,2% de la première catégorie a fait chuter leur poids d’autant dans le portefeuille global. Plus ouverts aux risques, les investisseurs américains ont placé 38% des avoirs en actions.

En Europe, la part est de 32%, dont 5,2% seulement dans les marchés émergents. Les investisseurs basés dans ces pays se montrent, eux, plus sensibles aux obligations, qui représentent 23% de leur total, contre 19% pour les actions.

Private equity

Moins volatil que d’autres classes d’actifs, le private equity, qui consiste à investir dans des sociétés non cotées en prenant des parts directement dans le capital ou par l’intermédiaire de fonds d’investissement, reste très populaire pour 81% des gérants de family offices.

Sur les 19% du portefeuille investis dans cette classe d’actifs, 11% sont destinés aux investissements directs dans les sociétés. Ils permettent aux familles de détenir un contrôle sur la société et de limiter leurs frais par rapport à des investissements dans les fonds. Ces investissements offrent également de très bons retours: de 8,6% lorsqu’ils passent par des fonds de fonds à 16% en direct avec un rôle actif du management.

Immobilier

Dans le cadre de l’étude 2019, l’immobilier est donc la catégorie qui a connu la plus importante progression. En un an, elle a vu sa part augmenter de 2,1% pour atteindre 17% du portefeuille global. 73% des family offices placent une part de leurs deniers dans le real estate. Selon les calculs d’UBS, 54% du portefeuille immobilier des family offices est investi dans l’immobilier commercial et 46% dans le résidentiel.

Au total, 53% des investissements sont faits au niveau local. Quant aux retours, ils oscillent entre 6,6% pour le résidentiel local et 9,2% pour le commercial international.

Investissements durables

Actuellement, un family office sur trois investit une part de ses moyens dans des produits du­­rables. Parmi ceux-ci, la moyenne du portefeuille qui y est consacrée atteint 19%.

Dans cinq ans, elle devrait atteindre 32%, selon l’étude d’UBS. La rentabilité de ces investissements est jugée très bonne. 69% ont atteint les objectifs et 16% les ont dépassés. La priorité des familles est la lutte contre le réchauffement climatique (61%), avant la santé (51%) et l’aide aux personnes.