COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Administration & Finance

3 questions à Me Maroie Chabbi

«Faire entendre ma voix et celle de ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas parler»



Maroie Chabbi: «Lorsqu’on parle de cœur à cœur, le discours est tellement puissant qu’on en oublie la forme!» (Photo: DR)

Maroie Chabbi: «Lorsqu’on parle de cœur à cœur, le discours est tellement puissant qu’on en oublie la forme!» (Photo: DR)

En amont du Concours national d’éloquence Tony Pemmers, organisé par la CJBL et le Paperjam + Delano Club, et en partenariat avec BGL BNP Paribas, le mardi 29 juin prochain, la candidate Me Maroie Chabbi nous révèle les principes de l’art oratoire.

L’éloquence est-elle forcément conditionnée par la maîtrise d’un vocabulaire riche et compliqué?

Me Maroie Chabbi. – «Oui et non. Je pense qu’il est important de s’adapter au niveau de langage, de conscience, et de compréhension de l’auditoire.

Lorsqu’on parle de cœur à cœur, le discours est tellement puissant qu’on en oublie la forme!

J’aime aussi beaucoup la citation de Boileau: ‘Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément’. En général, quand on conçoit un discours, ce ne sont pas les mots compliqués qui arrivent en premier, ce sont plutôt des mots communs, voire familiers, puis on les travaille pour donner du style – si telle est notre intention, bien sûr.

Concernant le fait de maîtriser un vocabulaire riche, personnellement, je pense que plus on lit, plus on élargit son vocabulaire, et plus le vocabulaire est vaste, et plus on a le choix des mots! ;)

L’art oratoire est un exercice difficile, qui n’est pas inné. Quelles qualités faut-il, au-delà de la maîtrise du verbe, pour prétendre à exceller dans cette discipline?

«La maîtrise des silences, le ton de la voix, le rythme, la fluidité, la posture (centrée, ancrée et alignée), la gestuelle, le regard, etc.

Je crois qu’il n’y a pas de qualité spécifique à l’art oratoire. C’est un art, et il peut se maîtriser comme tout art, avec de l’entraînement et de la passion! La seule chose essentielle, selon moi, c’est d’avoir quelque chose à dire. Il suffit de voir les musiques les plus touchantes. L’artiste chante avec son cœur et son âme, il a quelque chose à dire, et c’est ce qui fait la beauté du morceau.

Je pense que travailler sa confiance en soi aide beaucoup à avoir une posture de puissance étant donné que nous portons un message. Celui qui a la parole a le pouvoir. Avoir suffisamment confiance en soi permet de ne pas céder le pouvoir.

Qu’est-ce qui vous a donné le goût de l’art oratoire/l’expression orale? 

«Faire entendre ma voix et celle de ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas parler. Tel un avocat pénaliste, prêter notre voix à notre client afin de défendre ses intérêts.

Mon intention, lorsque je prends la parole, est de mettre des valeurs dans le cœur des gens, voir leurs yeux briller, les observer réfléchir, méditer, rigoler et prendre conscience.

Je vois l’art oratoire comme une opportunité d’instruire, de toucher, d’élever les consciences, et je trouve que les mots peuvent être la plus belle des armes quand ils sont utilisés à bon escient.

Enfin, l’installation d’une qualité émotionnelle et relationnelle avec le public ainsi que la connexion à celui-ci génèrent une belle énergie qui va au-delà même de la pièce, et c’est quelque chose de magique à expérimenter!»

Assistez au Concours national d’éloquence Tony Pemmers en vous inscrivant sur le site du Paperjam + Delano Club.