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oui, chef!

L’extravagante excellence de Thierry Corona



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Thierry Corona décrit les vins du Casino 2000 avec enthousiasme depuis 31 ans. (Design: Maison Moderne)

Aussi réputé que truculent, Thierry Corona est une figure incontournable lorsqu’on parle sommellerie au Luxembourg. Il nous raconte une bouteille d’exception.

Vous nous donnez un CV express?

Thierry Corona. – «J’ai fait des études de sommelier au lycée hôtelier de Metz, puis j’ai débuté ma carrière de sommelier au célèbre hôtel Ritz à Paris. J’ai ensuite été sommelier du général des armées, puis chef sommelier à l’hôtel Negresco de Nice. J’occupe actuellement le poste de chef sommelier au Casino 2000 à Mondorf-les-Bains, et ce depuis... 31 ans! Enfin, je suis également président de l’Association des sommeliers d’Europe.

Quelle est la bouteille qui vous hante et l’histoire qui va avec?

«Lorsque j'ai débuté au Ritz à Paris, un client habitué prenait à chaque fois un Petrus pour accompagner son repas. Un jour, au moment du fromage, sa bouteille est vide et je lui dis que mon rêve est de déguster ce vin d'exception. Il en commande une deuxième bouteille, en consomme un verre et me tend la bouteille en me disant de déguster le reste avec le chef sommelier... Un Petrus 1959, le roi des pomerols, un millésime d'exception aux arômes intenses de fruits noirs, de violette, de cuir, de sous-bois et de vanille...»

Si vous pouviez la reboire demain: où et avec qui?

«Si je devais déguster à nouveau cette bouteille, je la partagerais avec Georges Lepré: c'était mon maître, chef sommelier au Ritz. Il m’a transmis la passion du vin. Pour mon départ en retraite, je rêve de lui rendre visite chez lui à Paris avec un Petrus afin que l’on puisse le déguster à nouveau ensemble...»

Quelle comparaison audacieuse avez-vous déjà employée pour décrire un vin?

«Ceux qui me connaissent un peu le savent, j’en utilise beaucoup, notamment au restaurant Les Roses du Casino 2000 où j’officie. Récemment, pour décrire un champagne, j’ai parlé de faisan apeuré... Vous le savez bien, vous étiez là!»

C’est vrai.