POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

tribunal d’arrondissement de diekirch

L’ex-agent du Srel comparaît dans l’affaire BMW



C’est devant le tribunal d’arrondissement de Diekirch que se joue l’avenir de l’ancien agent du Srel. (Photo: Shutterstock)

C’est devant le tribunal d’arrondissement de Diekirch que se joue l’avenir de l’ancien agent du Srel. (Photo: Shutterstock)

Six jours d’audience sont prévus au tribunal d’arrondissement de Diekirch afin de mettre en lumière la prise illégale d’intérêts présumée de Jean-Jacques K.

C’est près de 10 ans après les faits que se tient, depuis lundi, le procès d’un ex-agent du Srel poursuivi pour une affaire présumée de trafic de BMW. Chargé de l’intendance, et donc du parc automobile du Service de renseignement de l’État luxembourgeois dans les années 2000, il lui est reproché de s’être arrangé avec un fournisseur du Srel pour acheter des BMW assorties d’une forte ristourne pour les agents du Srel et aussi pour lui-même et plusieurs membres de sa famille. Certains véhicules étaient ensuite revendus à d’autres hauts fonctionnaires de l’État. Ce tour de passe-passe aurait permis à M.K. de mettre 140.000 euros dans sa poche.

Le haut fonctionnaire risque une peine d’emprisonnement de 10 ans si ces faits devaient être avérés. Ce trafic présumé lui a déjà valu une procédure disciplinaire fin 2011, après le départ de l’ancien directeur du Srel, Marco Mille, que l’on a entendu dans le cadre du procès du Srel au printemps dernier à propos d’un autre aspect du fonctionnement du service dans les années 2000.

L’affaire l’a aussi poursuivi durant sa carrière professionnelle: exfiltré du Srel et détaché au Haut Commissariat à la protection nationale (HCPN), M.K. n’a pu obtenir le renouvellement de son habilitation de sécurité de la main du Premier ministre Jean-Claude Juncker . Ce dernier, informé de l’implication présumée de l’ex-agent du Srel dans un trafic de voitures, la lui a refusée en raison des «doutes sérieux en relation avec [son] intégrité et [sa] fiabilité». Un refus validé par la Cour administrative début 2016 .

N’ayant plus accès aux documents «très secrets» de l’UE, de l’Otan et du Luxembourg, M.K. a dû quitter la direction du HCPN et est retourné au ministère des Affaires étrangères, où il s’occupe de traiter les demandes de protection internationale.