POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Nouvelle stratégie de la Commission européenne

L’Europe doit défendre sa «souveraineté technologique»



Au-delà de la volonté affichée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, il faudra voir comment ces règles pourront fonctionner dans un marché encore très fragmenté et quels moyens seront affectés à ces ambitions. (Photo: Shutterstock)

Au-delà de la volonté affichée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, il faudra voir comment ces règles pourront fonctionner dans un marché encore très fragmenté et quels moyens seront affectés à ces ambitions. (Photo: Shutterstock)

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a défendu ce mercredi à Bruxelles une «souveraineté technologique européenne» qui passe par des initiatives dans différents domaines-clé, à l’occasion de la présentation d’une nouvelle stratégie. Pour nous rendre optimistes.

«La notion de ‘souveraineté technologique’, qui désigne la capacité que l’Europe doit avoir de faire ses propres choix, fondés sur ses propres valeurs et respectueux de ses propres règles, doit contribuer à faire de nous tous des ‘optimistes technologiques'»,  a défendu la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen , ce mercredi à l’occasion de la présentation d’une nouvelle stratégie européenne numérique.

«La portée de notre stratégie reflète l’ampleur et la nature de la transition à venir. Elle couvre tous les domaines, de la cybersécurité aux infrastructures critiques en passant par l’enseignement et les compétences numériques, la démocratie et les médias. Et elle conforme à l’ambition du pacte vert pour l’Europe, par exemple en promouvant la neutralité climatique des centres de données d’ici à 2030», a dit celle qui a succédé à Jean-Claude Juncker à la Commission.

Comment faire? «L’Europe doit disposer de ses propres capacités numériques, notamment en matière d’informatique quantique, de connectivité 5G, de cybersécurité ou d’intelligence artificielle (IA). Il s’agit là de certaines des technologies que nous avons choisies comme domaines d’investissement stratégique, pour lesquels le financement de l’UE peut attirer des fonds nationaux et privés».

L’Europe devra dépasser sa fragmentation de fait et mettre les moyens dans ces technologies, aussi bien dans la recherche que l’innovation ou la formation des talents d’hier et de demain.

Si la présidente de la Commission a rappelé l’importance de la protection des données personnelles,  elle a appelé à se saisir de toutes les autres , une «véritable mine d’or non encore exploitée. On peut penser aux données de mobilité anonymisées, aux données météorologiques recueillies par les avions de ligne, aux images prises par les satellites, mais aussi aux données industrielles et commerciales relatives, par exemple, aux performances des moteurs ou à la consommation d’énergie.»

85% des données ne sont pas exploitées, et «il faut que cela change», a-t-elle dit.

La chef de l’Exécutif européen a indiqué que l’Europe se doterait:

- d’une nouvelle  stratégie industrielle pour favoriser une transformation digitale et environnementale ;

- d’une initiative Destination Terre pour créer un jumeau numérique de la Terre pour améliorer prédictions et solutions;

- d’une double initiative circulaire en générale, et circulaire pour l’électronique devrait favoriser l’émergence de nouveaux cycles de production et de consommation;

- d’une stratégie pour rendre les centres de données et infrastructures technologiques neutres climatiquement, à l’instar de la volonté exprimée ce lundi par le patron d’Amazon, Jeff Bezos;

- d’une stratégie pour devenir des leaders dans le domaine de l’intelligence artificielle , de la 5G, du cloud, de l’«edge computing» et de l’internet des objets;

- d’un plan autour des transports automatisés et connectés; et

- d’une analyse pour s’assurer que toutes les règles désormais édictées par l’Union européenne aient envisagé la dimension environnementale par défaut.