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Pandémie

L’étau se resserre autour des non-vaccinés



«Ce n’est pas à la société de payer le prix pour celui qui veut utiliser le CovidCheck pour voyager ou aller au restaurant et qui n’est pas vacciné», a expliqué Xavier Bettel. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne/Archives)

«Ce n’est pas à la société de payer le prix pour celui qui veut utiliser le CovidCheck pour voyager ou aller au restaurant et qui n’est pas vacciné», a expliqué Xavier Bettel. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne/Archives)

À partir du 15 septembre, les tests PCR ne seront plus gratuits au Luxembourg, a annoncé Xavier Bettel. Une manière de mettre la pression sur les personnes non vaccinées et de tenter de les inciter à recourir à la vaccination.

«Nous ne pouvons plus justifier que la société en général paie pour les gens qui ne veulent pas se faire vacciner», a déclaré, mercredi, en conférence de presse, le Premier ministre, Xavier Bettel (DP). Conséquence: dès le 15 septembre prochain, les tests PCR ne seront plus gratuits comme ils l’ont été depuis le début de la pandémie.

«Un changement de paradigme» dans la politique de gestion de la crise sanitaire, qui se justifie par le fait que tout le monde a désormais accès aux vaccins. «Ce n’est pas à la société de payer pour celui qui veut utiliser le CovidCheck pour voyager ou aller au restaurant et qui n’est pas vacciné», a expliqué Xavier Bettel.

C’est une des seules évolutions concrètes qu’ont évoquées le Premier ministre et la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), pour ce briefing de rentrée. La situation sanitaire étant stable pour le moment, la prochaine loi Covid, qui entrera en vigueur à l’échéance de la précédente, prévue le 18 octobre, maintient un «statu quo», selon les mots mêmes de la ministre.

Mais si la situation est relativement stable, elle ne devrait malheureusement pas le rester: avec le retour des congés, les infections augmentent, et la rentrée scolaire devrait aggraver la situation, de même que des températures en baisse à prévoir avec l’arrivée de l’automne.

Élargir le CovidCheck

Un bilan sera donc effectué par le gouvernement au début du mois d’octobre pour évaluer si des modifications sont nécessaires. Et Xavier Bettel prévient: le régime CovidCheck, «satisfaisant» et efficace, selon lui,  depuis sa mise en place , pourrait être élargi si la situation sanitaire venait à s’aggraver.

Par exemple, les restaurants peuvent toujours choisir entre le régime CovidCheck ou limiter le nombre de personnes à table à quatre, avec maintien des règles sanitaires (distanciation sociale, port du masque). Cette option pourrait être supprimée. De même que le recours aux tests rapides: si ceux-ci restent valables après le 15 septembre dans le cadre du régime CovidCheck, cette alternative pourrait disparaître si la situation s’est trop dégradée en octobre. «Il est préférable de généraliser le CovidCheck que de fermer les établissements», estime le Premier ministre.

Avec ces contraintes supplémentaires pour les non-vaccinés, Xavier Bettel espère que «les gens vont se dire qu’il est plus simple de se faire vacciner». Car la vaccination reste la meilleure des solutions, a-t-il à nouveau martelé,  comme une semaine plus tôt . Et les chiffres le prouvent: le risque de nouvelles infections des personnes vaccinées est 80% moindre que pour les personnes non vaccinées, et le risque d’hospitalisation est 90% moindre.

Une quatrième vague en perspective

Certes, la vaccination n’empêche pas l’infection, mais elle protège contre les formes graves , a-t-il répété. De fait, au Luxembourg, sur les huit personnes en soins intensifs, aucune n’est vaccinée…

Les moyens de se faire vacciner sont bien présents, a encore rappelé Xavier Bettel: sans rendez-vous, chez les médecins, avec le Impfbus. «Nous voyons aussi comment organiser la vaccination dans les écoles et dans les entreprises avec l’UEL», selon Paulette Lenert.

Le but est aussi d’aller au contact des non-vaccinés – chez les 18-50 ans, la population n’est vaccinée qu’à 65% –, de savoir qui ils sont et de comprendre pourquoi ils doutent. En les convainquant et en augmentant la couverture vaccinale, cela permettrait d’éviter qu’une quatrième vague, qui se profile pour l’automne, ne sature les hôpitaux.