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Les impacts du Coronavirus

Esch2022 à l’heure de l’épidémie



Comment l’équipe d’Esch2022 parvient-elle à poursuivre ses missions en ces temps de confinement? (Photo: Matic Zorman /archives Maison Moderne)

Comment l’équipe d’Esch2022 parvient-elle à poursuivre ses missions en ces temps de confinement? (Photo: Matic Zorman /archives Maison Moderne)

Alors que le monde de la culture est touché par la crise du coronavirus, le travail continue pour Esch2022 – Capitale européenne de la culture, avec une priorité: la finalisation de la sélection des dossiers de candidature. Mais aussi l’apparition de nouvelles questions, qui restent ouvertes.

Le monde de la culture est touché de plein fouet par la crise du coronavirus. Établissements publics vidés de leurs visiteurs, salles de spectacles fermées, festivals annulés… Qu’en est-il pour Esch2022?

«L’équipe poursuit actuellement sa mission de manière intensive au niveau de toutes les tâches et sur tous les sujets», déclare Nancy Braun , directrice d’Esch2022. «Évidemment, dans le cadre des développements actuels et suite aux décisions politiques, nous avons également et immédiatement pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de l’équipe d’Esch2022, ainsi que la poursuite de notre travail. Ces mesures se situent à différents niveaux. En termes d’organisation du travail, l’équipe Esch2022 pratique le home office depuis le lundi 16 mars. Les réunions se font par vidéoconférence, et nous sommes en contact, en interne – avec entre autres les Communes et nos partenaires –, par e-mails, appels téléphoniques et appels vidéo. Nous sommes habitués au travail mobile et utilisons des supports de communication numériques. Cela n’est pas nouveau pour nous. Ce qui l’est, en revanche, c’est que les longues réunions en grands groupes doivent désormais également se tenir sous forme numérique.»

Une évaluation des projets finalisée pour mi-mai

Par ailleurs, le travail de sélection des dossiers de candidature pour les projets continue d’être prioritaire. L’équipe avait reçu, le 31 décembre dernier, 606 projets à étudier pour la programmation de l’année de la Capitale européenne de la culture. «Soit deux fois plus de propositions de projets pour la région qui englobe le sud du Luxembourg et les communes françaises limitrophes qu’à l’échéance du premier appel à projets du 31 juillet 2019», se réjouissait l’équipe, au moment de la présentation des Open Market Days .

Sur l’ensemble de ces projets, environ 80% ont déjà été examinés par un comité de lecture qui se réunit toutes les trois semaines. «Notre objectif est de maintenir le timing communiqué en février. L’évaluation des projets sera finalisée d’ici la mi-mai, fixant ainsi une autre étape importante dans la création du programme. Nous sommes en contact régulier avec les porteurs de projets et communiquons avec eux par tous les moyens disponibles.»

Des analyses qui ne plaisent pas à tout le monde

Le comité de lecture a pour mission de classer les dossiers reçus dans une des quatre catégories suivantes:

- Catégorie 1: propositions recevant un accord de principe

- Catégorie 2: propositions prometteuses, mais mises en attente

- Catégorie 3: propositions refusées

- Catégorie 4: projets ponctuels/ceux auxquels il manque un porteur de projet capable de les mener à bien/de les concrétiser. Avant que le projet ne soit refusé, il est possible de trouver une solution en collaboration avec ses auteurs, soit immédiatement, soit lorsqu’un partenaire adéquat sera trouvé.

Les porteurs de projet sont informés au fur et à mesure du classement de leur dossier, et certains commencent déjà à faire entendre leur mécontentement. C’est le cas de Raymond Reuter et Claude Frisoni, dont le projet «Fusions» a été classé en catégorie 3, c’est-à-dire refusé. Mais selon eux, le refus de leur projet leur a été signifié «de façon fort sibylline et peu argumentée». Aussi ont-ils adressé une lettre à Nancy Braun, pour faire entendre leur point de vue et étonnement.

Après la crise, de nouvelles opportunités?

Par ailleurs, l’équipe s’interroge quant aux opportunités que pourrait offrir cette situation exceptionnelle liée au coronavirus.

Nancy Braun s’explique: «Les développements récents offrent une autre dimension, avec des conséquences encore difficiles à prévoir. Notre société va changer: elle développe une solidarité et un dynamisme incroyables dans la mise en place de techniques et de procédés, et ce à peine cette situation d’urgence décrétée. Les citoyens participent, façonnent activement la crise et l’avenir. La participation est un objectif central, sinon l’objectif principal d’Esch2022. Le paysage culturel et ses acteurs s’y adaptent également, et nous n’en sommes qu’au début. Cette crise offre des opportunités qui, en plus des développements mentionnés, renforceront Esch2022. C’est pourquoi nous sommes très concentrés et motivés, afin de développer notre stratégie dans les semaines à venir, et d’exploiter tout ce potentiel. Nous nous poserons beaucoup de questions, développerons des scénarios et trouverons des solutions pour non seulement prendre en compte les événements et dynamiques actuels, mais aussi les utiliser positivement. Ce qui est certain, c’est que notre thème principal de remix est plus d’actualité que jamais, car un remix majeur est en cours, et ce à tous les niveaux.»