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élection présidentielle américaine

L’ère du président Biden a déjà débuté 



Joe Biden et sa colistière, Kamala Harris, ont tenu leur premier discours après leur victoire samedi soir. (Photo: Shutterstock)

Joe Biden et sa colistière, Kamala Harris, ont tenu leur premier discours après leur victoire samedi soir. (Photo: Shutterstock)

Joe Biden est depuis samedi fin d’après-midi le prochain président des États-Unis. Son rival, Donald Trump, n’a toujours pas admis sa défaite et prépare des recours en justice. Néanmoins, la transition, qui sera officielle le 20 janvier avec l’investiture, a déjà débuté.

La victoire de Joe Biden dans la course à la Maison Blanche a été annoncée samedi par les principaux médias américains, alors qu’il était un peu moins de 17h30, heure du Luxembourg. La fin d’un suspense, qui n’en était plus vraiment un, tant l’avance du candidat démocrate grandissait au fil des heures dans de nombreux États-clés. Comme attendu, c’est la Pennsylvanie qui aura été finalement décisive.

La première femme à la vice-présidence

C’est depuis son domicile dans le Delaware que le futur président (il sera officiellement désigné par les grands électeurs le 14 décembre et son investiture aura lieu le 20 janvier) a reçu très rapidement des félicitations et signes de reconnaissance venus du monde entier, ou presque.

Quelques heures plus tard, il arrivait en convoi devant ses fans pour son premier discours . Un «moment historique» puisque son élection est aussi celle de Kamala Harris, sa colistière et ancienne rivale, qui sera la première femme à devenir vice-présidente. «Mais pas la dernière», a-t-elle assuré avec un large sourire.

Pour Joe Biden, ce samedi soir était aussi son «grand soir». Vieux routard de la politique américaine, il atteint là son rêve, après avoir été durant huit ans le vice-président de Barack Obama et avoir déjà été deux fois en lice pour devenir le candidat du parti démocrate. Évidemment, avec une carrière aussi longue, il est aisé de trouver quelques contradictions chez le sénateur et futur président Biden. Qui, cependant, les assume pleinement.

Reste à savoir quel sera son programme, alors qu’il se dit déjà qu’il n’assumera qu’un seul mandat.

La priorité: la crise sanitaire

Sur le plan international, c’est avant tout la forme qui va évoluer. Biden sera sans doute plus diplomate que Trump. Mais il devrait rester aussi ferme envers la Chine et la Russie, ne pas toucher aux taxes d’importation, qui visent notamment les produits européens et qui datent de bien avant Trump… Pragmatique, il estime que le monde de demain est en Asie du Sud-Est, plus vraiment en Europe. Comme le soulignait un expert, pour Joe Biden, «les Européens sont un peu comme ces vieux cousins de famille: on les aime bien, mais on n’a plus envie de les inviter à tous les mariages et tous les baptêmes».

Au niveau national, le futur président a déjà fixé le cap. La première des priorités sera la crise sanitaire, avec une task force qui sera créée dès ce lundi. La relance économique avec un plan à 700 milliards, financés par de nouvelles taxations, notamment à l’égard des plus riches et des entreprises qui font des bénéfices à l’étranger. Enfin, l’environnement et une nouvelle réforme des soins de santé seront aussi à l’ordre du jour. Biden veut aller vite et promet du concret dès les premiers 100 jours de son mandat.

L’équipe Biden arrive à Washington aujourd’hui

En réalité, la transition commence ce jour. Une équipe de 300 personnes de Biden doit arriver à Washington pour prendre connaissance des principaux dossiers auprès des proches de Trump. Rien n’indique que ceux-ci collaboreront, le président refusant d’admettre sa défaite. Ses avocats déposeront d’ailleurs des recours ce jour.

Ces transitions n’ont pas toujours été sereines. Quand les équipes de George W. Bush sont arrivées dans les locaux de la Maison Blanche, elles ont trouvé des lunettes de WC collées, des photos salaces dans les armoires, des mots injurieux dans les tiroirs, des fils de téléphone coupés… Certains avaient aussi retiré la lettre W des claviers des ordinateurs. Une lettre dont George W. Bush avait fait son symbole de campagne. Des blagues qui auront au final coûté environ 15.000 dollars en réparations diverses.