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Étude citoyenne

L’enquête d’Atoz pointe les contradictions sociétales



Keith O’Donnell, managing partner d’Atoz, a présenté les conclusions de cette enquête qui montre un certain scepticisme de la population luxembourgeoise face à la possibilité d’agir pour un effort climatique. (Photo: Edouard Olszewski/Maison Moderne/archives)

Keith O’Donnell, managing partner d’Atoz, a présenté les conclusions de cette enquête qui montre un certain scepticisme de la population luxembourgeoise face à la possibilité d’agir pour un effort climatique. (Photo: Edouard Olszewski/Maison Moderne/archives)

Atoz a publié, jeudi dernier, les résultats d’une enquête menée auprès de la population luxembourgeoise sur la capacité de repenser la société post-pandémie. Comparé aux résultats d’il y a quatre ans, les citoyens veulent un changement, mais doutent de sa mise en application.

Le sondage baptisé «A wind of change» porte sur l’ère Covid-19 et ses effets sur les défis sociétaux. Il fait partie d’une série de sept enquêtes initiées par Atoz portant sur divers sujets d’intérêt général et a été proposé à 600 personnes de tous âges, issus du secteur public, privé, mais aussi des retraités, interrogés via le site questions.lu, du 6 au 16 septembre.

64% des répondants prétendent avoir repensé leur façon de vivre depuis la crise sanitaire. Si l’étude n’aborde pas spécifiquement les sujets liés à l’activité de conseil d’Atoz, l’argent privé, public et le rôle financier que joue le Luxembourg sur l’échiquier mondial sont apparus comme significatifs et ont révélé des conclusions aussi contradictoires que surprenantes.

48% des sondés estiment que l’argent est important dans leur vie

Ainsi, leur attitude par rapport à la réussite financière personnelle a évolué depuis le dernier sondage réalisé en 2017. Ils seraient aujourd’hui 48% à estimer que l’argent est important dans leur vie, contre 62% en 2017. La pandémie ayant également déclenché des discussions fondamentales sur l’imposition et la distribution des richesses, Atoz fait remonter un taux d’«indignation» de la population face à la gestion des fortunes très élevées, qui est pourtant, comme expliqué, aussi un des piliers de l’économie luxembourgeoise.

Les sondés en arriveraient-ils à «oublier» que la finance est le principal secteur d’emploi au Luxembourg? En 2017, seulement 17% des répondants s’en émouvaient, et 35% d’entre eux étaient plutôt satisfaits de ce constat. En 2021, ce serait l’inverse: 35% des répondants se disent «indignés» ou «gênés», et 19% jugent que «c’est bon pour l’économie». Idem à propos des conseils en matière fiscale aux entreprises, autre réalité économique du pays: 26% des répondants se montrent aujourd’hui critiques, contre 17% en 2017.

Enfin, 60% des répondants voient la pandémie comme une opportunité de changement des priorités (notamment le changement climatique), mais, paradoxalement, 50% d’entre eux restent sceptiques face à la capacité de l’humanité à être raisonnée et à agir. Ce qui soulève un évident problème de confiance, mais peut-être aussi un manque de leadership? Ou de communication. Il y a de quoi s’interroger sur l’état des connaissances des citoyens interrogés face à la réalité des activités économiques d’un pays où la finance durable est par ailleurs montrée comme pionnière et comme un exemple à suivre par le reste du monde.

Nous voyons ces résultats comme un cri silencieux pour l’action.
Keith O’Donnell

Keith O’Donnell,  managing partner,  Atoz

Keith O’Donnell , managing partner d’Atoz, a présenté les conclusions de cette étude, et commenté: «Nous voyons ces résultats comme un cri silencieux pour l’action», avant de s’interroger sur «la schizophrénie que l’on peut avoir entre vie pro et vie perso, et comment le sondage peut éclairer cette question, car les membres de nos équipes sont aussi le reflet de cet échantillon».

Cette enquête servira-t-elle à mieux comprendre les débats actuels (balance vie pro/perso, télétravail, quête de sens…)? Comment le gouvernement va-t-il prendre en compte ce pessimisme citoyen? Chacun se forgera son opinion. En attendant, l’étude est consultable ici .