ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Sidérurgie

Liberty Steel cherche à vendre ses sites français



Faute d’approvisionnement suffisant, le site de Liberty Steel à Dudelange tourne avec seulement 25 à 45% de ses effectifs. (Photo: Nader Ghavami/Maison Moderne)

Faute d’approvisionnement suffisant, le site de Liberty Steel à Dudelange tourne avec seulement 25 à 45% de ses effectifs. (Photo: Nader Ghavami/Maison Moderne)

Liberty Steel cherche un repreneur pour ses sites d’Ascoval et de Hayange, en France. Au Luxembourg, la situation est toujours incertaine. 

Voici quelques jours, Sanjeev Gupta, le patron de GFG Alliance, a confirmé à la presse française avoir mandaté la banque Rothschild pour la vente de deux sites de production de Liberty Steel, à savoir Ascoval, situé à Saint-Saulve (Nord), et l’usine de rails de Hayange (Moselle).

La maison mère de Liberty Steel est en proie à des difficultés financières après la faillite de Greensill, le principal créancier du groupe sidérurgique. Depuis, Sanjeev Gupta et GFG Alliance sont à la recherche de liquidités afin de faire fonctionner l’ensemble des usines dans le secteur sidérurgique. 

Dudelange tourne au ralenti

La situation du groupe sidérurgique laisse craindre le pire au Luxembourg . Pour le moment, le site de Liberty Steel à Dudelange tourne au ralenti. «Les approvisionnements sont de 5.000 tonnes, c’est 10 fois moins que la normale. Pourtant, la demande est là, et la conjoncture est bonne. Mais Liberty Steel n’a pas les liquidités pour davantage d’approvisionnements», glisse Robert Fornieri, secrétaire général adjoint de la coordination Fédération Industrie-Sidérurgie au LCGB.

Conséquence directe, l’usine ne tourne qu’avec 25 à 45% de ses effectifs. Le reste du personnel est au chômage partiel. L’avenir reste donc très incertain pour le site luxembourgeois, et les syndicats commencent doucement à perdre patience.

Seul fait rassurant: la prise en main du dossier par les équipes de Franz Fayot (LSAP). Le ministère de l’Économie étudie les solutions afin de pérenniser les activités sur le site , mais aussi sécuriser l’activité sidérurgique du pays. Liberty Steel produit à Dudelange de l’Usibor pour ArcelorMittal. La fermeture ou l’arrêt du site dudelangeois pourrait mettre plus de 300 employés sur la touche, mais également toucher ArcelorMittal. Le géant sidérurgique se refuse de commenter la situation chez son partenaire. «Nous ne commentons pas les relations contractuelles avec Liberty Steel», indique la Communication d’ArcelorMittal.

Le dossier est complexe. Le site de Dudelange a été vendu à Liberty Steel par ArcelorMittal sous la pression de la Commission européenne afin de valider le rachat d’Ilva en Italie par ArcelorMittal . Dès lors, un rachat du site de Dudelange par ArcelorMittal semble improbable. D’ailleurs, la question d’un rachat est balayée d’un revers de la main par ArcelorMittal. «Concernant la reprise de Dudelange, la question ne se pose pas, puisque la Commission européenne a fait de la cession des différents sites d’ArcelorMittal un point de son autorisation pour la reprise d’Ilva, et cela impacterait directement les conditions de concurrence en Europe», indique la Communication d’ArcelorMittal.