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Statec

L’emploi se rapproche de son niveau d’avant-crise



L’emploi retrouve son niveau d’avant-crise selon le Statec, même s’il reste moins élevé que l’an dernier à la même période. (Photo: Shutterstock)

L’emploi retrouve son niveau d’avant-crise selon le Statec, même s’il reste moins élevé que l’an dernier à la même période. (Photo: Shutterstock)

Ces trois derniers mois, l’emploi a retrouvé son niveau d’avant la crise, selon le Statec, bien qu’inférieur à la même période l’an dernier. Le quatrième trimestre risque d’être moins dynamique.

Entre hausse des cas positifs au Covid-19 et reconfinement dans les pays européens, la dernière note de conjoncture du Statec apporte un peu d’espoir. Selon les données préliminaires de l’Institut national de la statistique et des études économiques, l’emploi au Luxembourg aurait retrouvé son niveau d’avant-crise. Et ce «tant pour l’emploi salarié qu’indépendant, et tant pour l’emploi résident que frontalier», écrit-il.

La variation annuelle de l’emploi salarié intérieur était de +1,8% sur les trois derniers mois, contre +1,6% en mars 2020. L’an dernier, sur la même période, elle était tout de même de +3,6%. Le taux de chômage s’élève à 6,4% sur les trois derniers mois, un peu plus que les 6,1% de mars, et que les 5,4% de l’an dernier à cette période.

Cette reprise cache aussi des divergences. D’un côté, 3.000 emplois auraient été perdus dans l’horeca, le commerce, l’industrie, les transports, les services aux entreprises, dont surtout le travail intérimaire, entre février et septembre (-1,5%). De l’autre, plus de 3.000 ont été créés dans les branches de la santé, l’action sociale, l’éducation, l’administration publique, la construction et les TIC (technologies de l’information et de la communication). Le Statec note tout de même un impact moins important dans les secteurs les plus touchés par la crise au Grand-Duché que dans les autres pays européens.

Encore 25.000 personnes en chômage partiel

L’institut de statistiques reste vigilant: «Les tendances récentes montrent des signaux inquiétants.» Le quatrième trimestre pourrait donc être moins dynamique. «L’emploi s’est mis à ralentir légèrement depuis l’été, notamment à cause de l’emploi public (probablement en lien avec la fin des contrats relatifs à la reprise scolaire en alternance). Les nouvelles offres d’emploi se sont stabilisées sur les trois derniers mois à un niveau inférieur d’environ 500 unités par rapport au niveau d’avant-crise, alors que les nouvelles inscriptions au chômage se multiplient. Le chômage continue certes à baisser, mais à un rythme bien plus faible qu’en été.»

Même si les autres indicateurs n’ont pas aussi bien rattrapé leur retard, le Statec constate un bon rétablissement au cours des derniers mois. La reprise dans la construction n’a pas empêché les travailleurs intérimaires de rester à -13% en juillet par rapport à l’avant-crise. Les heures supplémentaires, qui avaient chuté de 2,2 heures par salarié en février à 0,8 en avril, sont remontées à 2 heures en juillet.

Un peu moins de 25.000 personnes (5%) étaient toujours en chômage partiel en septembre et octobre. Elles étaient plus de 150.000 en avril, mais près de 1.000 avant l’arrivée du Covid-19.

Le moral des secteurs

Le Statec en profite pour prendre le pouls des différents secteurs au Luxembourg. Dans les services, on sent selon lui une inquiétude face à la nouvelle vague Covid, avec des perspectives de demande pour les trois prochains mois plus pessimistes qu’en septembre. L’industrie semble rassurée quant aux carnets de commandes et au niveau des stocks. Elle est aussi plus optimiste qu’en septembre sur les perspectives d’emploi et les prix de vente. Sur les huit premiers mois de l’année, la production industrielle s’est tout de même repliée de 15% par rapport à l’année dernière (contre -11% dans la zone euro). La construction reprend confiance plus timidement. Sa production a diminué de 11% sur les sept premiers mois de l’année, par rapport à la même période en 2019 (au lieu de -8% en zone euro).

Le secteur financier luxembourgeois semble moins exposé que celui des autres pays européens. La part de prêts bancaires non performants est la plus faible, avec seulement 1,1% de créances douteuses en juin 2020 contre 3% dans l’Union européenne.