POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Promotion et prospection

Un effort collectif pour exporter le Luxembourg



Franz Fayot poursuit la visite d’entreprises et d’institutions. Le ministre de l’Économie se rendra cette semaine à la Chambre de commerce, à l’origine notamment de propositions pour une relance de l’économie. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Franz Fayot poursuit la visite d’entreprises et d’institutions. Le ministre de l’Économie se rendra cette semaine à la Chambre de commerce, à l’origine notamment de propositions pour une relance de l’économie. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Ministère de l’Économie et représentants des entreprises ont présenté mardi matin une boîte à outils digitale pour les entreprises qui veulent exporter leurs produits ou vendre leurs services à l’international. Le fruit d’une collaboration qui va se poursuivre autour de la promotion du pays dans un monde post-Covid.

Avant et après le coronavirus, le Luxembourg, en tant qu’économie extrêmement ouverte et dépendante des échanges internationaux, va devoir continuer à vendre son expertise, son savoir-faire.

Un effort sur les exportations qui est amené à prendre de nouvelles formes et à se poursuivre autour d’une collaboration public-privé qui a fait les succès passés du pays, selon les messages délivrés ce mardi matin par le ministre de l’Économie et le président de la Chambre de commerce.

Quelques minutes plus tôt, Franz Fayot (LSAP) et Luc Frieden bouclaient une réunion du Trade & Investment Board sous la présidence d’honneur du Grand-Duc héritier , présent au boulevard Royal. Un conseil mis en place en 2017 suite à la réforme de la promotion économique voulue par le ministre de l’époque – Étienne Schneider (LSAP) – qui rassemble représentants d’entreprises, d’organismes (Chambre de commerce, Fedil, Luxinnovation, Chambre des métiers) et ministériels pour, sous la présidence du ministre de l’Économie, coordonner la promotion économique.

«Nous avons procédé à un bon tour de table», résume Franz Fayot. «L’effort d’internationalisation des entreprises était notre point central.» Après avoir digéré les impacts directs des mesures de confinement et autres barrières protectionnistes, les entreprises reprennent leur bâton de pèlerin pour vendre, pour les unes, des services financiers ou informatiques, par exemple, et, pour les autres, exporter de l’acier ou du beurre.

Des opérations de séduction de clients qui se font de facto via des outils digitaux, faute de pouvoir voyager en raison du Covid-19. Même lors d’un hypothétique retour à la normale, les usages auront évolué et l’alliance des démarches digitales et de rencontres physiques sélectives perdurera certainement.

Une première initiative a été dévoilée ce mardi pour répondre à ce contexte: un «Guide du marketing digital pour l’internationalisation», accessible via  digitalguide.tradeandinvest.lu . Une sorte de boîte à outils accessible aux entreprises qui veulent comprendre comment réaliser un site web, effectuer de la publicité en ligne… tout en abordant le point important de la cybersécurité.

Une e-mission vers la Chine

Le ministère de l’Économie et la Chambre de commerce poursuivent de leur côté les réflexions sur les propositions formulées par la chambre patronale en juillet dernier autour d’un plan de relance. De la matière à discussion pour la visite de Franz Fayot, jeudi, au siège du Kirchberg.

Quant aux actions de promotion et de prospection, la Chambre de commerce structure des rendez-vous en ligne, comme récemment sur la Grande Région et dans les prochaines semaines sur la Chine. Le cabinet de Franz Fayot prévoit pour sa part des déplacements potentiels à l’agenda du printemps 2021. Dans tous les cas, les rencontres physiques seront davantage ciblées et l’élément digital restera prépondérant.

«Le Covid a changé beaucoup de choses, mais il n’enlève en rien l’importance de l’internationalisation», pointe Luc Frieden, président de la Chambre de commerce. «Nous avons besoin d’exporter nos produits et services. Ces activités d’exportation ont toutes un impact sur l’emploi ici et sur notre niveau de vie.»

Et le président de la Chambre de commerce de rappeler l’enjeu de commercer dans le respect de règles communes et en maintenant de bonnes relations avec les grandes économies, à équidistance des blocs américain et chinois. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Et le président de la Chambre de commerce de rappeler l’enjeu de commercer dans le respect de règles communes et en maintenant de bonnes relations avec les grandes économies, à équidistance des blocs américain et chinois. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Le Luxembourg, grand gagnant du marché européen intérieur, grand gagnant de la mondialisation, parviendra-t-il à se démarquer dans les prochains mois? L’officialisation de l’ouverture d’un bureau de représentation économique (Luxembourg Trade & Investment Office – LTIO) à Casablanca , au Maroc, est présentée comme un acte allant dans cette direction. Ce LTIO est dirigé par Atman Haloui, qui cumulera ce rôle avec celui de consul honoraire et son activité professionnelle d’associé au sein du cabinet fiscal Atoz.

«Le Maroc représente un véritable hub vers le continent africain et affiche de nombreux secteurs complémentaires à notre politique de diversification économique», résume Franz Fayot.

Comme le rappelait la Fondation Idea dans un article de 2019 , «sur l’ensemble de l’économie, la demande finale extérieure soutiendrait 59% des emplois, soit 238.000 postes. En moyenne, dans les pays de l’Union européenne, la part des emplois soutenue par la demande extérieure s’élève à 27%.»