ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Vendredinnovation (3/10)

Les écrans haptiques, la sensation au bout des doigts



Caresser l’image d’un poisson «à rebrousse-poil» permettrait de sentir ses écailles. Une illustration de ce que les écrans haptiques, très attendus dans la voiture autonome, permettront. (Photo: Hap2U)

Caresser l’image d’un poisson «à rebrousse-poil» permettrait de sentir ses écailles. Une illustration de ce que les écrans haptiques, très attendus dans la voiture autonome, permettront. (Photo: Hap2U)

Tout au long de cet été «pas comme les autres», Paperjam vous emmène dans les travaux de recherche qui vont changer notre quotidien. Aujourd’hui, le Luxembourg Institute of Science and Technology (List) aide à révolutionner le contact (physique) que nous avons avec nos smartphones.

1880. Pierre Curie et son frère, Jacques, démontrent que le quartz, mis sous tension, vibre.

1927. Le Bell Telephone Laboratories présente la première horloge à quartz, de la taille d’un réfrigérateur à l’horizontale.

1969. Seiko commercialise 100 exemplaires de la première Seiko Quartz Astron 35SQ. Le boîtier est en or, elle coûte le prix d’une voiture, mais elle symbolise le début des mythiques montres à quartz.

Jusqu’à 2015. Jusqu’à ce qu’une start-up de la région de Grenoble, en France, décide d’utiliser les propriétés découvertes par les frères Curie pour lancer une nouvelle technologie. Imaginez avoir un poisson sur l’écran de votre smartphone. Jusqu’ici, si vous le caressez, vous risquez juste de faire disparaître l’image. Demain, il sera possible de sentir les écailles du poisson.

En dehors d’avoir fait sensation, à quatre reprises, au CES de Las Vegas, Hap2u a levé 600.000 euros en 2015 et deux millions d’euros d’une bourse de recherche française, puis... quatre millions d’euros, en 2018, de Daimler. En 2019, Hap2u a passé le chiffre symbolique du million d’euros de chiffre d’affaires.

Dans le secteur automobile, par exemple, la technologie permettrait à un conducteur de faire des réglages sur son tableau de bord sans quitter la route des yeux, uniquement avec cette sensation si proche du toucher.

C’est ce qu’on appelle des écrans haptiques. Au lieu de passer par des techniques de céramique piézoélectrique encombrante , la start-up française travaille avec Emmanuel Defay et le Luxembourg Institute of Science and Technology sur une impression 3D de film mince piézoélectrique sur du verre.

«Les matériaux piézoélectriques sont des isolateurs qui empêchent la circulation du courant. La charge électrique ne peut par exemple pas traverser des isolateurs en verre, en caoutchouc ou en plastique. Dans le cas des matériaux piézoélectriques cependant, l’électricité peut modifier sélectivement la forme de l’isolateur», explique M. Defay dans une interview.