C’est peut-être la peur de la blessure qui les pousse à se l’imposer ou une habitude prise voici des années, mais de nombreux coureurs n’imaginent pas commencer leur séance de running sans échauffement. Une bonne ou une mauvaise pratique? Ni l’une ni l’autre, «mais c’est une pratique inutile. Aucune étude scientifique ne démontre que l’échauffement apporte quelque chose, surtout si c’est pour courir 30 minutes à une fréquence relax», assure le professeur Jan Cabri, directeur scientifique au Luxembourg Institute of Research in Orthopedics, Sports Medicine and Science et responsable du Laboratoire du mouvement au CHL.
Étirements à froid: inutiles
Il tord ici le cou à une idée reçue. Avant de réserver le même sort à une autre: les étirements avant la course. Pourtant, on entend beaucoup parler des prétendus bienfaits de ces étirements à froid. «C’est contraire à toute logique», fustige le professeur Cabri. «Cela va contribuer à relâcher le muscle alors qu’on attend de lui qu’il soit prêt à agir. Un étirement de plus de 30 secondes va avoir des conséquences physiologiques, dont une amélioration du flux sanguin, mais aussi une baisse de la tonicité. Le muscle ne va donc plus être prêt à produire des contractions.»
D’ailleurs, poursuit Jan Cabri, «vous n’avez jamais vu Usain Bolt ou un athlète aux JO commencer à s’étirer avant une épreuve. Ils vont au contraire réaliser, par exemple, de petits bonds pour contracter et détendre le muscle, lui donner le signal qu’un travail va commencer.
Et si le souhait est de faire augmenter légèrement son rythme cardiaque, «de courts étirements ou sauts suffisent, mais surtout pas un exercice d’étirement de longue durée».
Par contre, au-delà des 30 minutes de course à pied, les étirements sont conseillés. «Cela permet non seulement d’allonger la distance entre l’origine et l’insertion du muscle, mais aussi de baisser le tonus intramusculaire, d’augmenter le flux de sang artériel et de faciliter l’évacuation des métabolites. Ce qui est évidemment une bonne chose pour une régénération optimale après l’effort», conclut le professeur Cabri.
Cet article est issu de la newsletter Paperjam Running, le rendez-vous mensuel pour suivre l’actualité du running au Luxembourg. .