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Politique familiale

DP et CSV s’accrochent sur les allocations familiales



Le député Marc Spautz (CSV) dénonce une opposition purement politique de la part du DP à sa proposition de loi sur la réindexation des allocations familiales. (Photo: Chambre des députés/Flickr)

Le député Marc Spautz (CSV) dénonce une opposition purement politique de la part du DP à sa proposition de loi sur la réindexation des allocations familiales. (Photo: Chambre des députés/Flickr)

Alors que le CSV réclame une réindexation rétroactive des allocations familiales à compter de 2019, la majorité vise 2022. Un refus que le CSV juge politique de la part du DP, qui est aux manettes au ministère de la Famille. Le DP défend une politique cohérente, dans la droite ligne de l’accord de coalition.

Aucun point d’accord entre le DP et le CSV n’a été trouvé mardi matin lors de la réunion de la commission de la famille et de l’intégration au sujet de la réindexation des prestations familiales, alors que le débat cristallise les désaccords entre les deux partis.

La majorité, comme prévu dans son accord de coalition, veut réindexer les prestations familiales au 1er janvier 2022 avec le projet de loi 7828 . Mais elle ne veut pas entendre parler de la proposition de loi 7788 du député Marc Spautz (CSV), qui réclame que cette réindexation ait lieu plus tôt et qu’elle soit rétroactive à compter de l’année 2019.

Une proposition qui ne pouvait que difficilement trouver l’agrément de la majorité, l’accord de coalition prévoyant qu’«en fin de législature, l’indexation des prestations familiales sans rattrapage sera réintroduite».

Opposition politique

Mais le député Marc Spautz argue qu’une indexation des salaires étant envisagée d’ici la fin de l’année , une mise en place de la réindexation des allocations en 2022 plutôt qu’au 1er janvier 2019 – comme il le propose – provoquerait pour les bénéficiaires une perte virtuelle de pouvoir d’achat de 2,5% supplémentaire.

Surtout, il s’agit selon lui d’une opposition politique, de pur principe, de la part du DP. «Quand Gilles Roth (CSV) fait une proposition à la ministre de la Justice, Sam Tanson (déi Gréng), elle l’accepte. Quand Michel Wolter (CSV) en fait une à la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), elle l’accepte partiellement. Mais pas la ministre de la Famille, Corinne Cahen (DP). Ce ne sont que les ministres du DP qui refusent systématiquement nos propositions.», estime-t-il.

«Ce n’est pas vrai du tout!», répond le président de la commission de la famille et de l’intégration, le député Max Hahn (DP), qui assure que la position de la majorité n’est pas politique. «La position du gouvernement est d’accorder des prestations en nature avant des prestations en espèces», et donc de faire des économies par le biais de la désindexation des allocations familiales pour financer des prestations en nature – pour les mêmes raisons, la désindexation des allocations familiales remonte d’ailleurs à 2006 (sous un gouvernement CSV-LSAP).

Le député Max Hahn (DP) estime que la politique de la majorité en termes de prestations familiales est cohérente. (Photo: Chambre des députés/Flickr)

Le député Max Hahn (DP) estime que la politique de la majorité en termes de prestations familiales est cohérente. (Photo: Chambre des députés/Flickr)

Une politique cohérente

Et Max Hahn de citer comme exemples de prestations en nature l’encadrement scolaire gratuit à raison de 20 heures par semaine voté en 2017 , la gratuité des livres scolaires en 2018 ou la généralisation de la gratuité des transports publics pour les élèves en 2016.

En outre, «si les prestations sont en espèces, nous voulons qu’elles soient dirigées vers les familles qui en ont le plus besoin», explique Max Hahn, prenant pour exemples le Revis, plus important pour les familles monoparentales, l’allocation de vie chère doublée en 2020 ou l’augmentation du salaire social minimum . Un ensemble de mesures qui illustre la cohérence de la politique du gouvernement en la matière, selon le député DP.

Une fois le rapport sur le projet de loi rendu, les débats se poursuivront en séance plénière à la Chambre. La controverse n’est donc pas finie.