ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

LA START-UP DU MOIS – NOMOKO

Un double de la planète en 3D



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Vincent Pedrini: «Ce monde numérique est appelé ‘Monde Miroir’ et permettrait d’accéder à de nombreuses innovations en matière d’automobile, notamment pour les algorithmes d’auto-conduite, de smart cities et de réalité virtuelle à l’échelle de ville.» (Illustration: Ellen Withersova)

La start-up Nomoko, fondée en 2015 à Zurich et incubée au Paul Wurth InCub, a pour ambition de créer un modèle virtuel très précis de la planète. Elle vient de remporter le Prix de la meilleure start-up de Suisse.

Notre idée est de modéliser la planète Terre, afin de pouvoir relier le monde physique et le monde virtuel», explique Vincent Pedrini, CFO et cofondateur de Nomoko. La start-up, créée en 2015 à Zurich, est également incubée au Paul Wurth InCub au Luxembourg.

Elle compte surfer sur la vague de la quatrième révolution industrielle. «Nous venons de développer notre technologie durant trois années, et nous allons pouvoir la déployer. Des bêta-testeurs sont actuellement en train de réaliser des essais, et nous espérons pouvoir nous lancer, d’ici la fin de l’année, dans un premier temps, sur quelques villes suisses, puis des villes européennes, comme Luxem­bourg.»

Une innovation qui a permis à la start-up Nomoko, qui emploie aujourd’hui 36 personnes – dont deux permanents au Grand-Duché –, d’être élue meilleure start-up de Suisse lors de la 26e édition du Prix Strategis, organisée le 1er mai dernier par HEC Espace Entreprise, et d’empocher la somme de 50.000 francs suisses.

Une quatrième levée de fonds avant l’été

Concrètement, Nomoko a donc créé un double numérique 3D du monde extrêmement précis, hébergé sur une plate-forme permettant d’intégrer d’autres informations spatiales.

«Ce monde numérique est appelé ‘Monde Miroir’ et permettrait d’accéder à de nombreuses innovations en matière d’automobile, notamment pour les algorithmes d’auto-conduite, de smart cities et de réalité virtuelle à l’échelle de ville, précise Vincent Pedrini. Au lieu de tester en conditions réelles, sur Terre, une voiture autonome, par exemple, il sera bien plus simple de la modéliser sur notre plate-forme, de manière virtuelle. Nous pourrons couvrir tous les champs d’application. Nous sommes aujourd’hui en contact avec les grands players de l’industrie automobile, des drones, de la réalité augmentée, des télécoms ou du gaming.»

La start-up zurichoise permet, avec sa plate-forme, de mettre à disposition de ses clients des outils, afin qu’ils développent leurs applications dessus. Nomoko n’a pas déposé de brevet dans le cadre de sa recherche & développement, «cela coûte de l’argent, et nous n’allons pas gagner avec des brevets, il faut plutôt se focaliser sur la mise sur le marché. Lorsqu’un brevet est déposé, l’innovation est, au final, publique, donc pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour».

Et pour accélérer, la start-up est en train de finaliser sa troisième levée de fonds. «Nous espérons boucler le tour de table avant l’été, avec une somme finale de minimum 5 millions d’euros», confirme Vincent Pedrini, tout juste rentré de Hong Kong afin de rencontrer des investisseurs ou des contacts potentiels. Et ce n’est pas une première pour Nomoko, puisque la start-up a déjà réalisé trois levées de fonds, pour un total de 7,5 millions d’euros levés.