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Donner l’opportunité aux Compliance Officers de se rencontrer



Jérôme Dave, Head of Internal Controls, PPRO;  Romain Swertvaeger , Associate Partner, Audit, EY Luxembourg (Photo : EY Luxembourg)

Jérôme Dave, Head of Internal Controls, PPRO; Romain Swertvaeger , Associate Partner, Audit, EY Luxembourg (Photo : EY Luxembourg)

Au cours de ces dernières années, le Luxembourg est devenu le siège d’acteurs mondiaux de la Fintech. Il était donc temps de rassembler les Compliance Officers de ces structures. C’est l’ambition du COFI Club. Romain Swertvaeger, Associate Partner chez EY, et Jérôme Dave de PPRO échangent autour de cette initiative.

L’initiative du Fintech Compliance Officers’ Club («COFI Club») a été créée avec le but de réunir les Compliance Officers de l’industrie Fintech, mais également et surtout avec l’idée sous-jacente de créer un sentiment de communauté ainsi que de faire valoir les intérêts d’une communauté et d’une industrie en forte croissance, très diverse et prioritaire pour la Place luxembourgeoise.

Romain Swertvaeger : Bonjour Jérôme! Pouvez-vous nous dire, en quelques mots, qui vous êtes?

Jérôme Dave: D’origine belge j’ai effectué toute ma carrière à Luxembourg. Après un passage en banque privée, l’opportunité m'a été donnée de rejoindre PayPal dès leur demande de licence bancaire à Luxembourg. Par la suite, j’ai continué à développer ma carrière dans le domaine des paiements alternatifs.

Depuis le début de cette année, j’ai la chance de servir PPRO, qui est un acteur incontournable dans le domaine des paiements alternatifs. PPRO est un agrégateur de méthodes de paiement alternatives qui, par la suite, revend ses services d’acquisition de méthodes de paiement à d’autres prestataires de services de paiement. Aujourd’hui, PPRO agrège plus de 150 méthodes de paiement à travers le monde et a tout récemment atteint le statut de «licorne». PPRO est établi à Luxembourg depuis 2019 et y opère une licence de paiement depuis peu.   

En quoi pensez-vous que le COFI Club peut être utile pour les acteurs de la communauté? Et comment pensez-vous qu’on puisse aussi s’en servir pour faire avancer certains sujets-clés de la Place?

Tout d’abord, le COFI Club est une opportunité de se rencontrer pour tous les acteurs de la conformité (compliance) du monde de la Fintech. Ça peut servir d’«ice breaker», en quelque sorte. Rien que pour cette raison, c’est une très bonne initiative.

Ensuite, ça permet un partage d’expertise, d’expériences, mais aussi de bonnes pratiques dans un domaine qui évolue de manière extrêmement rapide, aussi bien au niveau de l’innovation de produit qu’au niveau réglementaire.

Fintech est la contraction de «finance» et de «technologie». Aujourd’hui, on sait que le marché est tiré par les avancées technologiques, qui tirent finalement le régulateur vers l’avant. Donc, ça nous oblige sans cesse à nous remettre en question et à appréhender les nouveaux produits, mais aussi les nouveaux risques qui peuvent s’y rattacher.

Quels sont les risques et les limites du marché, actuellement?

Dans ce contexte complexe, les limites sont parfois l’état d’esprit un peu différent entre les services financiers traditionnels et les nouveaux services financiers – les Fintech. Ils doivent tous les deux appliquer avec rigueur le cadre réglementaire, mais peuvent l’appréhender, et même parfois l’appliquer de manière différente avec tout autant de rigueur. Donc, l’une des difficultés que l’on peut rencontrer est d’arriver à s’accorder avec les acteurs traditionnels qui restent absolument nécessaires à l’ensemble de l’écosystème des services financiers, mais dont les impératifs et les conditions peuvent diverger.         

Pour continuer: comment voyez-vous les nouvelles technologies s’intégrer dans le cadre réglementaire actuel?

L’intégration des technologies dans l’ère dans laquelle nous sommes aujourd’hui est plutôt naturelle et continue. Elle a sans doute été plus lente dans le domaine réglementaire. Je crois que cela est lié à la nature du domaine, qui est en partie juridique, et qui demande la plus grande rigueur. Il n'y a pas de «beta testing» avec la conformité!

Enfin, d’un point de vue métier, aujourd’hui, l’intégration des technologies est une nécessité. Les produits, et donc les risques, ont évolué. Sans appui technologique, il n’est plus possible de développer une activité tout en la gardant sous contrôle.

Donc, en résumé, c’est une nécessité business, mais aussi réglementaire.