POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

projet de loi

Directeurs privés dans les lycées: l’État recule



Le projet de loi pour permettre de recruter des directeurs de lycées spécialisés issus du secteur privé ne devrait finalement pas être débattu à la Chambre des députés mercredi 18 novembre, comme prévu. (Photo: Shutterstock)

Le projet de loi pour permettre de recruter des directeurs de lycées spécialisés issus du secteur privé ne devrait finalement pas être débattu à la Chambre des députés mercredi 18 novembre, comme prévu. (Photo: Shutterstock)

Le ministère de l’Éducation entend les syndicats et veut laisser plus de temps au débat sur l’ouverture de la direction des lycées spécialisés aux professionnels du privé. Il a demandé à retirer le projet de loi de l’ordre du jour de la séance à la Chambre des députés, prévu mercredi 18 novembre.

La loi ouvrant la direction des lycées spécialisés à des professionnels venus du secteur privé ne devrait pas aboutir tout de suite.

Le projet de loi avait pourtant été adopté par le gouvernement en conseil le 14 août dernier. Après analyse et discussion du texte légal et des avis relatifs, il avait ensuite été approuvé par la commission parlementaire compétente le 9 novembre. Le sujet avait alors été mis à l’ordre du jour de la séance plénière de ce mercredi 18 novembre, à la Chambre des députés.

Le projet entend ouvrir les fonctions dirigeantes des lycées spécialisés aux professionnels du secteur privé ayant au moins cinq ans d’expérience dans le domaine spécifique de spécialisation des établissements en question, cela pour faire face aux difficultés de recrutement actuellement rencontrées.

Une idée qui ne plaît pas du tout aux syndicats, qui parlent de «privatisation de l’école publique». L’Acen, l’Alpia, l’Apess, l’OGBL-SEW et l’Unel ont certes annulé le piquet de protestation devant le Cercle municipal mercredi mais «en tout état de cause, les syndicats et associations soussignés poursuivront sans relâche leur engagement en faveur des écoles publiques et contre les tendances à la privatisation», soulignent-ils dans un communiqué mardi.

Vote décalé, pas abandonné

Ils ont été entendus, avant même de manifester. Le ministère de l’Éducation nationale indique dans un communiqué que «le débat public autour du projet de loi sur les directions des lycées spécialisés a mis au jour un certain nombre d’inquiétudes de la part des acteurs scolaires, inquiétudes que le ministère prend au sérieux et à propos desquelles il entend fournir les explications nécessaires pour permettre qu’un dialogue constructif puisse se développer. Bien que la commission parlementaire ait tranché et approuvé le rapport du projet de loi, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse ne juge pas opportun de passer au vote du texte dans les conditions actuelles. Voilà pourquoi le ministre demandera à la Chambre des députés de retirer le projet de loi de l’ordre du jour de la séance du 18 novembre 2020, permettant ainsi au débat de se dérouler dans la sérénité qui s’impose.»

La CGFP (Confédération générale de la fonction publique) a salué cette annonce dans un communiqué, mais souhaite que le projet de loi soit abandonné, et pas seulement décalé. Plusieurs organisations syndicales prévoient un point presse ce mardi pour préciser les problèmes qu’il soulève.