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Selon une étude

Des diesels «1.000 fois plus polluants»



La norme Euro 6 présente un problème: pendant la phase de régénération (de nettoyage du filtre à particules), la pollution serait 1.000 fois supérieure aux limites, explique une fédération d’ONG. (Photo: Shutterstock)

La norme Euro 6 présente un problème: pendant la phase de régénération (de nettoyage du filtre à particules), la pollution serait 1.000 fois supérieure aux limites, explique une fédération d’ONG. (Photo: Shutterstock)

La norme Euro 6 ne garantit pas totalement que les diesels sont plus propres, note l’association proche des écologistes Transports et Environnement. Elle publie une étude, appuyée par des tests sur deux des modèles les plus vendus en Europe.

L’étude est un choc. Mais Transports et Environnement ne s’embarrasse pas souvent de détails. 

«La meilleure technologie disponible pour lutter contre ce type de pollution – les filtres à particules (FAP) – doit être nettoyée (‘régénérée’) régulièrement. Ainsi, les voitures diesel sont une source importante de pollution tous les 480km environ. Les tests démontrent que ces pics de pollution peuvent se produire dans un environnement urbain et durer pendant 15km, au cours desquels les émissions dangereuses de particules sont au moins 1.000 fois plus importantes que d’ordinaire», dit une étude que la fédération d’ONG militantes pour un transport durable publie cette semaine.

Selon T&E, «plus de 45 millions de voitures sont équipées de cette technologie en Europe, générant ces pics de pollution qui se manifestent, en moyenne, une fois toutes les deux semaines». Soit 1,3 milliard de régénérations par an dans l’Union européenne, sur la base d’une moyenne kilométrique de 13.600 à 23.200km par an.

Comment cette fédération en est-elle arrivée à ces conclusions? En confiant des essais en conditions réelles de deux des modèles les plus vendus en Europe, le Nissan Qashqai (deuxième SUV compact) et l’Opel Astra (quatrième des berlines compactes).

« La faille créée par la réglementation concernant les régénérations implique que 60 à 99% des émissions de particules réglementées sont ignorées pour les deux voitures testées », dit l’étude. Si les deux modèles connaissaient des régénérations tous les 423km (Nissan) ou 419km (Opel), le chiffre est deux fois plus élevé pour cette dernière que ce que dit son homologation.