POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

À Dudelange et à Bascharage

Les deux sites de Guardian Luxguard fusionnent



Privé de four d’ici quelques jours, Guardian Dudelange va fusionner avec le site de Bascharage pour ne former qu’une seule entité juridique. (Photo: Jan Hanrion (Maison Moderne))

Privé de four d’ici quelques jours, Guardian Dudelange va fusionner avec le site de Bascharage pour ne former qu’une seule entité juridique. (Photo: Jan Hanrion (Maison Moderne))

Les sites de Bascharage et de Dudelange ne feront plus qu’un le mois prochain, a annoncé la direction à l’OGBL, qui demande des précisions quant à la présence de fabricant de verre au Luxembourg.

La lettre recommandée est arrivée mardi à l’OGBL: la direction de Guardian Luxguard a annoncé la reprise du site de Luxguard I Bascharage par celui de Dudelange «aux alentours du 6 août», selon Alain Rolling, secrétaire central adjoint pour le Syndicat chimie de l’ OGBL .

Il a présenté à la presse, mercredi, les doléances du syndicat majoritaire sur les deux sites du fabricant de verre qui y emploie 450 salariés. «Nous voulons une garantie d’emploi pour tous les salariés», alors que pour l’heure, la direction a gelé ses investissements jusqu’à 2021, année qui coïncidera avec les 40 ans de présence du groupe au Luxembourg.

L’extinction du four de Dudelange prévue ce mois-ci

L’OGBL demande un projet industriel clair de la part de la multinationale qui a annoncé, le 17 juin dernier, l’entame de consultations avec les délégations du personnel «concernant le refroidissement éventuel du four de verre flotté de Dudelange et la fusion éventuelle des entités juridiques opérationnelles au Luxembourg». Les termes sont pondérés, mais dans les faits, la fusion des deux sites de production est désormais officiellement actée.

Quant au four de Dudelange, il va être éteint en juillet, selon Alain Rolling.

Bref, la structure qui englobe l’autre – juridiquement parlant – devient celle sans four. Une situation étrange qui interpelle l’OGBL. Quant aux 200 salariés actifs à Dudelange, leur avenir est flou sans leur outil de travail principal. Néanmoins, il n’y aurait pas d’effet de doublon avec l’autre site. «On était complémentaire et on avait deux activités différentes», souligne Vincent Collin, président de la délégation Bascharage.

L’OGBL s’inquiète du gel des investissements de Guardian Luxguard et demande des précisions de la part de la direction. (Photo: Jan Hanrion (Maison Moderne))

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Alain Rolling a précisé que la fermeture du four de Dudelange aurait lieu ce mois-ci. (Photo: Jan Hanrion (Maison Moderne))

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Pour Vincent Collin, président de la délégation Bascharage: «On était complémentaire et on avait deux activités différentes».  (Photo: Jan Hanrion (Maison Moderne))

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Le fait est que l’extinction du four de Dudelange était dans l’air depuis 2018 déjà . «On a fait beaucoup de réunions avec la direction où on a demandé ce qu’il arriverait à Dudelange, mais on n’a jamais eu de confirmation concernant la fermeture du four de Dudelange», argumente Alain Rolling.

Selon lui, un nouveau four coûterait entre 80 et 100 millions d’euros, un investissement que Guardian pourrait se permettre dans la mesure où «ces dernières années, les deux sites ont toujours été bénéficiaires».

Mais il semble que si Guardian a choisi le Luxembourg comme point de départ de ses activités européennes en 1981 et y a même établi son siège en 2016 , le groupe développe ses activités un petit peu plus à l’Est. «Il y a des capacités sur la Pologne qui équivalent à trois sites», évoque Vincent Collin.

Il y a des capacités sur la Pologne qui équivalent à trois sites.

Vincent Collin,  président de la délégation Bascharage

800 camions sortent chaque mois de ce site avec des produits de verre destinés principalement à la construction de bâtiments. Évidemment, le coronavirus a allégé les carnets de commandes, mais si Dudelange a cessé sa production, Bascharage a tourné à 100% de ses capacités à la sortie du confinement.

Dans ce contexte teinté d’incertitudes, l’OGBL veut faire entendre sa voix et n’exclut pas d’organiser des actions syndicales. «On a des idées. Mais pour le moment, c’est encore trop tôt pour des actions concrètes. On doit se concerter avec les salariés», commente Alain Rolling.