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«Deutsche Bank Luxembourg a fait ses devoirs»



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Deutsche Bank Luxembourg a cédé plusieurs activités en 2018. (Photo: Romain Gamba)

En 2018, Deutsche Bank Luxembourg a poursuivi l’optimisation de ses activités. Les différentes cessions réalisées ont impliqué un bénéfice net en baisse l’an dernier.

La branche luxembourgeoise de Deutsche Bank devra-t-elle faire de nouveaux efforts de rationalisation pour contribuer au redressement de sa maison mère?

«Deutsche Bank Luxembourg a déjà fait ses devoirs», répond Frank Krings, son président du directoire, lors de la conférence de presse qui s’est tenue ce mardi 7 mai.

Il poursuit: «Nous avons retrouvé l’agilité que nous souhaitions. La banque est désormais plus compacte, avec une meilleure capacité de réaction.»

Trois ans de rationalisation

Deutsche Bank Luxembourg a ainsi versé 621 millions d’euros de contributions à sa maison mère en 2018, contre 180 millions d’euros en 2017.

Mais la banque a réduit son bilan, qui passe de 38 milliards d’euros en 2017 à 31 milliards d’euros en 2018.

Et son bénéfice atteint 133 millions d’euros, contre 218 millions d’euros en 2017, du fait de la cession de participations dans DWS Investment, DB Vita, DB Re et Aqueduct Capital.

Un bilan réduit et des bénéfices en baisse qui sont la conséquence de trois ans de rationalisation des activités au Grand-Duché.

En 2018, la banque luxembourgeoise a ainsi cédé son activité de services aux fonds alternatifs à Apex, et celle de corporate services et domiciliation à Vistra. Son activité d’agent d’assurances de Cardif Lux Vie a également été transférée à Gatsby & White.

Hub pour le wealth management

En 2018, Deutsche Bank Luxembourg a concentré ses efforts sur l’activité de Wealth Management. Elle a notamment fait l’acquisition des activités de gestion de patrimoine de Deutsche Bank Autriche, à savoir l’administration de portefeuilles et la gestion des comptes et dépôts. Celles-ci ont été transférées sur la plate-forme informatique de la société Avaloq, déployée début 2018.

«Cela va nous permettre de réaliser des économies d’échelle», espère Frank Krings.

Le groupe allemand a d’ailleurs choisi le Luxembourg pour en faire son hub pour le business de la gestion de patrimoine en Europe. Deutsche Bank Luxembourg devrait donc s’attacher dans les prochains mois à centraliser les activités de gestion de patrimoine d’autres filiales du groupe.

Renforcement de la BFI

Deutsche Bank Luxembourg se focalise donc désormais sur ses métiers principaux: la gestion d’actifs (rebaptisée DWS Investment SA), la gestion de patrimoine et la BFI (banque de financement et d’investissement).

À l’avenir, la banque luxembourgeoise souhaite d’ailleurs renforcer ses positions sur cette dernière activité, en étendant son offre de services à destination des entreprises multinationales et en saisissant toutes les opportunités de croissance organique possibles.

«Saine profitabilité»

L’investissement IT sera aussi rentabilisé: «La croissance des banques sera guidée à l’avenir par la stratégie informatique. La digitalisation est un catalyseur de l’intensification des activités», estime Frank Krings.

La banque a investi 30 millions d’euros en 2016 dans la migration de ses systèmes informatiques vers la plate-forme d’Avaloq, compatible avec celles déjà installées en Suisse, à Singapour, au Moyen-Orient et au Royaume-Uni. En conséquence, du fait de moindres dépenses informatiques en 2018, ses frais généraux sont déjà en baisse de 6,1 millions d’euros, pour atteindre 116,6 millions.

«En 2019, la banque recherchera la croissance, tout en maintenant une saine profitabilité», conclut Frank Krings.

Chiffres-clés à la fin 2018 (évolution par rapport à la fin 2017)

- Résultat net: 132,8 millions d’euros, -39%

- Total du bilan: 30,7 milliards d’euros, -19%

- Frais généraux: 116,6 millions d’euros, -5%

- 305 employés de 22 pays, -10%

Deutsche Bank Luxembourg a été créée en 1970; elle est la filiale à 100% de Deutsche Bank AG, basée à Francfort.