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Les devoirs de rentrée des eurodéputés luxembourgeois



Dans les prochaines semaines, le Parlement entendra les différents candidats à un poste de commissaire dans le cadre de leur grand oral. (Photo: Shutterstock)

Dans les prochaines semaines, le Parlement entendra les différents candidats à un poste de commissaire dans le cadre de leur grand oral. (Photo: Shutterstock)

La grande rentrée du Parlement européen aura lieu le 16 septembre. Mais les 20 commissions recommenceront à travailler mardi. Les députés européens luxembourgeois y seront évidemment présents.

Cela fait presque deux mois que les nouveaux députés européens sont entrés en fonction . Mais après l’élection du nouveau président, David Sassoli , la découverte des bâtiments de Strasbourg et de Bruxelles, la constitution des staffs (chaque député a en moyenne deux assistants), la prise de connaissance des détails de fonctionnement de la machine européenne, la plupart ont eu droit à quelques jours de congé. Notamment au mois d’août où toute l’administration était en pause.

Les commissions au travail à partir de mardi

La véritable rentrée aura lieu le 16 septembre avec une première séance plénière . Prélude à des semaines chargées avec l’audition des candidats commissaires européens de l’équipe d’Ursula von der Leyen et le Brexit.

Les 20 commissions recommenceront à bourdonner pour leur part à partir du 3 septembre, selon l’agenda du Parlement.

Comme chaque député, les élus du Luxembourg travailleront dans au moins une commission en tant que membres effectifs. Ils figurent aussi dans d’autres commissions en tant que suppléants, membres de sous-commissions ou de délégations qui participent à des réunions internationales.

Peu de différence entre effectif et suppléant

«En réalité, être membre effectif ou suppléant importe assez peu. Le suppléant peut en effet déposer des propositions d’amendement comme le membre effectif. Il faut donc bien suivre ses dossiers et le volume de travail change peu selon le statut. La seule différence est que le suppléant ne peut pas voter. Et encore: j’ai eu l’occasion de voter dans les commissions où j’étais suppléant, car il manque toujours un effectif», explique le député Christophe Hansen (CSV).

La répartition dans les différentes commissions se fait en interne, au niveau des groupes politiques. «Chacun essaye d’aller vers les matières avec lesquelles il a le plus d’affinités, dans lesquelles il a envie de s’investir», confiait la députée Déi Gréng, Tilly Metz , peu après le scrutin.

«Chaque groupe, en fonction de son importance, dispose d’un certain nombre de postes. Il faut donc essayer de bien se placer pour en avoir un», note Christophe Hansen.

L’expérience, ça compte

L’expérience du député joue aussi un rôle, tout comme son sexe ou son âge puisque des équilibres doivent être respectés à différents niveaux. «Même si je n’ai siégé qu’au cours des neuf derniers mois de la dernière législature, je suis tout de même comptabilisé dans les 37% d’anciens députés, qui ont une expérience et connaissent donc un peu le fonctionnement du Parlement», note Christophe Hansen.

Les arbitrages menés ont un enjeu puisque certaines des commissions ont une importance stratégique plus grande que d’autres.

Voici dans quels secteurs les six députés luxembourgeois seront actifs:

Isabel Wiseler-Lima (CSV)

Elle est membre de la commission des Affaires étrangères, de la sous-commission Droits de l’homme et de la délégation à la commission parlementaire mixte UE-Turquie.

Elle est suppléante dans la commission Industrie, Recherche et Énergie, dans celle des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures, et de la délégation pour les relations avec la Chine.

Isabel Wiseler-Lima est membre effective d’une commission et d’une sous-commission. (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne/archives)

Isabel Wiseler-Lima est membre effective d’une commission et d’une sous-commission. (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne/archives)

Tilly Metz (Déi Gréng)

Elle est membre de la commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire, mais aussi de celle des Transports et du Tourisme. Par ailleurs, elle est aussi membre de la délégation pour les relations avec les pays d’Amérique centrale et de celle à l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine.

Tilly Metz est suppléante dans la commission de l’Agriculture et du Développement rural.

Tilly Metz siégera dans une commission qui lui tenait à cœur. (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne/archives)

Tilly Metz siégera dans une commission qui lui tenait à cœur. (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne/archives)

Monica Semedo (DP)

Elle siège dans la commission de l’Emploi et des affaires sociales. Elle est aussi membre de la délégation parlementaire paritaire ACP-UE.

La nouvelle députée est également suppléante dans la commission des Affaires économiques et monétaires, au sein de la délégation pour les relations avec les pays de la communauté andine et de celle à l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine.

Monica Semedo va s’intéresser aux questions d’emploi. (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne/archives)

Monica Semedo va s’intéresser aux questions d’emploi. (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne/archives)

Charles Goerens ( DP)

Expérimenté, il est membre de la commission du Développement et de celle des Affaires constitutionnelles. Il siège aussi au sein de la sous-commission des Droits de l’homme, fait partie des délégations à la commission parlementaire Cariforum-UE et à l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE.

En tant que suppléant, il est inscrit à la commission Agriculture et Développement rural, et dans la délégation pour les relations avec la péninsule arabique.

Charles Goerens entame son quatrième mandat de député européen. (Photo: Matic Zorman/archives)

Charles Goerens entame son quatrième mandat de député européen. (Photo: Matic Zorman/archives)

Christophe Hansen (CSV)

Il est membre de l’importante commission du Commerce international. Il figure aussi au sein de la délégation pour les relations avec les pays de la communauté andine et celle à l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine.

Christophe Hansen est suppléant dans la commission des Affaires économiques et monétaires, ainsi que dans celle de l’Environnement, santé publique et sécurité alimentaire. Il est inscrit dans la délégation à la commission parlementaire UE-Mexique.

«Je suis très heureux de mes attributions», analyse-t-il. «Mon souhait était en fait de poursuivre mon travail dans la commission du Commerce international où j’ai siégé neuf mois. De plus, j’aspirais aussi à y être le coordinateur de mon groupe et ce sera le cas. Suppléant dans la commission Environnement était aussi mon souhait, car j’y avais siégé auparavant. Quant à la commission Économie et affaires monétaires, pas besoin d’expliquer pourquoi il est important pour le Luxembourg d’y être représenté.»

Christophe Hansen est membre effectif de la commission du Commerce international. (Photo: Anthony Dehez/archives)

Christophe Hansen est membre effectif de la commission du Commerce international. (Photo: Anthony Dehez/archives)

Nicolas Schmit (LSAP)

Il s’est dirigé vers la commission de l’Emploi et des affaires sociales. Il est aussi membre effectif de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb et à l’assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée.

Nicolas Schmit est suppléant au sein de la commission des Affaires économiques et monétaires, et dans la délégation pour les relations avec la Chine.

Pour rappel, Nicolas Schmit sera membre de la prochaine Commission européenne conduite par Ursula von der Leyen. Il passera son grand oral devant le Parlement à partir du 21 octobre. La nouvelle Commission sera effective le 31 octobre.

Dans les enceintes de Bruxelles et Strasbourg, Nicolas Schmit sera suppléé par Marc Angel , qui reprendra ses attributions «poste pour poste» au sein des commissions.

Nicolas Schmit, une fois devenu commissaire, cédera ses fonctions à Marc Angel. (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne/archives)

Nicolas Schmit, une fois devenu commissaire, cédera ses fonctions à Marc Angel. (Photo: Jan Hanrion/Maison Moderne/archives)

La répartition a fait en sorte que les députés luxembourgeois ne se retrouvent pas dans la même commission, mis à part les cas de Monica Semedo et Nicolas Schmit, tous deux effectifs au sein de celle consacrée à l’Emploi et aux affaires sociales.

On notera enfin qu’aucun d’entre eux n’a de mandat de président ou de vice-président dans les différentes commissions.