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À la Chambre

Les députés approuvent la réouverture des terrasses



Les députés ont adopté en séance plénière la nouvelle loi Covid, bien qu’avec les voix de la majorité seulement, qui permet notamment une réouverture, sous contrôle strict, des terrasses. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Les députés ont adopté en séance plénière la nouvelle loi Covid, bien qu’avec les voix de la majorité seulement, qui permet notamment une réouverture, sous contrôle strict, des terrasses. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

L’ouverture des terrasses le 7 avril a reçu l’approbation de la Chambre des députés, dans le cadre de l’adoption de la nouvelle loi Covid, qui prolonge les mesures actuellement en place – couvre-feu, pas plus de deux invités au domicile – jusqu’au 25 avril.

Les terrasses ouvriront bien le 7 avril. Dans l’après-midi de jeudi, les députés ont adopté en séance plénière la nouvelle loi Covid, bien qu’avec les voix de la majorité seulement, et approuvé cet assouplissement «symbolique» proposé la semaine dernière par le Premier ministre, Xavier Bettel (DP).

Cette nouvelle loi Covid prolonge jusqu’au 25 avril les mesures anti-Covid (couvre-feu à 23h, pas plus de deux personnes invitées au domicile), inchangées depuis désormais le début du mois de janvier.

Seul assouplissement donc: l’ouverture des terrasses des cafés et restaurants. Avec les restrictions suivantes: ouverture de 6h à 18h, pas plus de deux personnes à une même table (sauf si elles font partie du même ménage ou cohabitent), distance minimale d’au moins 1,5m entre les tables (ou séparation avec un plexiglas) et port du masque obligatoire pour le personnel et pour les clients quand ils ne sont pas assis à table. Mais sans registre des clients, une disposition finalement rejetée en commission.

Cette autorisation ne s’adresse par ailleurs qu’aux établissements disposant d’une terrasse permanente – les terrasses installées occasionnellement ou les buvettes ne sont pas autorisées. Et cette réouverture reste facultative: les aides telles que le chômage partiel ou l’aide aux coûts non couverts restent en vigueur.

Opposition sceptique

L’assouplissement n’a pas suscité l’hostilité des députés de l’opposition. Si ceux-ci ont tous voté contre cette loi Covid comme ils avaient voté contre les précédentes, ils se sont (à l’exception des députés déi Lénk) prononcés pour l’ouverture des terrasses, qui a fait l’objet d’un vote à part. Mais la disposition a tout de même soulevé quelques réserves. L’ADR réclamait par exemple une ouverture jusqu’à 21h.

Surtout, le CSV, s’il ne s’oppose pas à cet assouplissement «d’un point de vue sanitaire», reste sceptique quant au message véhiculé: «J’ai peur qu’une telle réouverture soit mal comprise par la population», craint ainsi le député Claude Wiseler (CSV), qui juge que les gens, du fait d’un ras-le-bol, risquent de moins respecter les mesures, et que «la communication du gouvernement devrait plus s’axer sur la mise en garde».

«Cette ouverture donne une perspective aux gens qui font de gros efforts», justifie le président de la commission de la santé et rapporteur de la loi Covid, Mars Di Bartolomeo (LSAP). «Je fais confiance aux responsables des établissements et aux clients pour ne pas interpréter ce message de manière erronée et le percevoir comme un encouragement à suivre les gestes barrières, à participer au large scale testing ainsi qu’à la campagne de vaccination.»

Un timing discutable

Un tel assouplissement peut tout de même surprendre, alors que les pays voisins – Belgique , France et Allemagne – maintiennent ou renforcent drastiquement leurs mesures. Et que la situation épidémique du pays ne va pas dans la bonne direction: 387 nouveaux cas de Covid-19, enregistrés durant la journée de mardi, ont été annoncés mercredi soir – un chiffre jamais atteint depuis le 22 décembre.

«Il y a une certaine stabilité des chiffres à un niveau élevé», relativise Mars Di Bartolomeo. Et la dynamique n’est pas exponentielle. Sans oublier que 25 personnes sont hospitalisées en soins intensifs, soit entre 20% et 30% des capacités d’accueil. Très loin de la saturation que peuvent connaître les hôpitaux en France et en Belgique.

L’efficacité du large scale testing, couplé au traçage des contacts, explique cette situation plus favorable, selon Mars Di Bartolomeo. Mais il permettrait surtout de suivre l’impact des mesures sur l’évolution de la pandémie. «Si on fait un pas en avant, nous avons la possibilité de réagir rapidement», veut-il croire. À voir si les terrasses résisteront à l’évolution de l’épidémie, alors que les variants anglais et sud-africain, plus contagieux et plus dangereux, représentaient plus de 90% des nouveaux cas de Covid-19 la semaine dernière.