ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

EY Future Consumer Index

Dépenses limitées pour un Noël particulier



91% des personnes qui prévoient de participer aux achats de fin d’année disent qu’ils le feront en partie via internet. (Photo: Shutterstock)

91% des personnes qui prévoient de participer aux achats de fin d’année disent qu’ils le feront en partie via internet. (Photo: Shutterstock)

Plus d’un tiers des consommateurs dans le monde prévoient de diminuer le budget de leurs achats de fin d’année à cause de la pandémie, selon une étude globale d’EY. Les achats en ligne, pour les fêtes et même après, devraient continuer leur percée. Des tendances qui se confirment au Luxembourg.

Les commerçants, déjà fortement touchés par la crise , pourraient l’être encore à Noël, selon une étude du cabinet EY. Celui-ci a interrogé 14.467 consommateurs dans le monde quant à l’impact du Covid-19 sur leurs habitudes d’achat. «L’étude est globale, mais ce sont des tendances qu’on retrouve aussi au Luxembourg», indique EY.

42% des consommateurs prévoient de dépenser moins que l’an dernier lors des achats de fin d’année. En cause, baisse des revenus ou remise en question des dépenses. 40% des personnes interrogées ont vu leurs revenus diminuer pendant la pandémie et 60% réfléchissent «plus attentivement à la manière dont elles dépensent leur argent». Plus précisément, 41% des consommateurs disent avoir réduit leurs dépenses de produits non essentiels et 46% reportent l’achat ou le remplacement d’articles coûteux.

Claude Bizjak, directeur adjoint de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), relativise: «Je ne pense pas qu’il y aura une énorme conséquence», notamment sur l’achat de jouets pour les enfants. Mais si on fête Noël en effectif réduit, «il y aura moins de cadeaux sous le sapin. Il faudra voir comment vont évoluer les règles, cela aura un impact direct sur la consommation et sur les commerçants.»

En tout cas, Noël se préparera en ligne. Pour les 54% de consommateurs qui prévoient de participer à la saison des achats de fin d’année, 91% planifient de le faire, au moins à moitié, en ligne.

Les commerçants doivent s’adapter

Même au-delà des fêtes de fin d’année, les ventes en ligne s’ancrent dans les mœurs. 39% des consommateurs affirment qu’à l’avenir, ils commanderont davantage en ligne des choses qu’ils avaient l’habitude d’acheter en magasin. Cela concerne surtout les consommateurs vivant en Chine et, dans une moindre mesure, au Royaume-Uni, alors que les consommateurs allemands et français se montrent moins ouverts à ce mode de consommation.

«C’est en grande partie les chiffres qu’on connaît. Il est évident que l’e-commerce va sortir vainqueur de la pandémie», confirme Claude Bizjak. Il constate qu’après les annonces de nouvelles mesures de restriction, les consommateurs répondent généralement en deux temps: d’abord une ruée d’anticipation en magasin, puis une baisse des dépenses. «Ce qui est actuellement le cas en novembre dans le commerce de détail, où les ventes sont en recul de 20 à 30%», précise-t-il. Cela montre que les clients aiment toujours se rendre en magasin. «Après la crise, il faudra voir comment les commerçants se sont adaptés. Ce n’est pas la fin du retail.» Il note d’autres tendances, comme le bio ou le local.

Les appareils électroménagers et la technologie sont la catégorie de produits que les sondés comptent le plus acheter en ligne d’après EY, tandis qu’ils préfèrent toujours choisir leurs boissons et aliments frais au magasin. 42% indiquent commander plus souvent leurs courses en ligne. 19% continueront pour les aliments frais et 16% pour les boissons non alcoolisées, alors qu’ils étaient respectivement 3,4% et 1,6% en 2019.

Puisque les produits les plus susceptibles de s’acheter en ligne sont aussi ceux qui nécessitent le plus de conseils (vêtements, électroménager…), Brice Lecoustey , associé en stratégie et innovation chez EY Luxembourg, suggère: «Cela met en évidence un risque de ‘showrooming’, où les consommateurs vont dans les magasins pour toucher et sentir le produit pour s’assurer de sa qualité, mais poursuivent ensuite par des achats en ligne où les produits pourraient être moins chers. Les détaillants et les entreprises de produits de consommation de toutes tailles devront s’assurer qu’ils disposent à la fois d’une expérience omnicanale et du stock nécessaire, ainsi que du prix adéquat pour réaliser la vente.»