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Délocalisation de la Chafea: la Commission s’explique



La Commission européenne désire regrouper les agences exécutives plus près des directions générales situées à Bruxelles et estime pouvoir dégager des synergies et donc une gestion plus efficiente de l’argent européen. (Photo : Shutterstock)

La Commission européenne désire regrouper les agences exécutives plus près des directions générales situées à Bruxelles et estime pouvoir dégager des synergies et donc une gestion plus efficiente de l’argent européen. (Photo : Shutterstock)

La Commission européenne justifie son intention de rapatrier les activités de l’agence exécutive Chafea vers Bruxelles alors que les syndicats européens ont saisi la présidente de la Commission et les députés nationaux comme européens.

La Commission européenne a ravivé les craintes luxembourgeoises d’un déséquilibre institutionnel entre Luxembourg et Bruxelles en exposant fin avril sa volonté de transférer les activités de l’agence chargée des programmes concernant les consommateurs, la santé, l’alimentation et l’agriculture (Chafea) de la capitale grand-ducale à la capitale belge.

Une perspective contre laquelle guerroie l’Union syndicale Luxembourg aux côtés des autres syndicats de fonctionnaires européens. Ils ont cosigné avec les comités du personnel des agences exécutives une note à l’intention de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, fustigeant la démarche cavalière adoptée par la Commission alors que les directeurs d’agences exécutives avaient signé fin 2019 un memorandum of understanding garantissant leur attachement au dialogue social.

Sollicitée par Paperjam, la Commission défend son projet de relocalisation fondé sur la création d’une nouvelle agence européenne de l’innovation qui récupérerait la gestion des programmes actuellement sous la coupe de la Chafea.

La proposition de fermer la Chafea n’a pas été prise à la légère et ne devrait pas être interprétée comme un engagement réduit pour la présence du personnel de la Commission au Luxembourg.

Commission européenne

«La proposition de fermer la Chafea n’a pas été prise à la légère et ne devrait pas être interprétée comme un engagement réduit pour la présence du personnel de la Commission au Luxembourg», souligne un porte-parole de la Commission, rappelant que ladite agence ne compte que 75 personnes, «une très petite partie de la présence des institutions européennes à Luxembourg (0,5%), alors que la présence globale des institutions de l’UE a augmenté de 4,6% entre 2015 et 2019». La Commission assure également que «la direction générale des ressources humaines fournira assistance et accompagnement de l’emploi à celles et ceux qui souhaitent rester au Luxembourg».

Sur le fond, ce transfert se justifie par le fait que «les directions générales ont souligné que la proximité géographique de l’agence est essentielle à l’étroite collaboration nécessaire entre agence et direction générale déléguée». La localisation de toutes les agences exécutives à Bruxelles devrait donc «permettre de constituer des portefeuilles plus cohérents par agence tout en améliorant les possibilités de synergies entre agences». Et d’ajouter que «des évaluations ont montré que la Chafea affiche un coût de fonctionnement plus élevé que les agences basées à Bruxelles».

«La Commission a déjà contribué et continuera à contribuer à une présence plus durable à Luxembourg par d’autres moyens, comme le développement des secteurs financier, numérique et juridique ou encore dans les agences décentralisées et la BEI.»

Des arguments battus en brèche par l’Union syndicale Luxembourg, qui a interpellé en début de semaine les députés luxembourgeois de la Chambre comme du Parlement européen. Ce dernier doit justement se pencher sur la question au travers de sa commission sur le budget dans les prochains jours.