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Pandémie

Le défi de la distribution des masques



Les procédés pour distribuer les masques peuvent varier d’une commune à l’autre. (Photo: Shutterstock)

Les procédés pour distribuer les masques peuvent varier d’une commune à l’autre. (Photo: Shutterstock)

La distribution des masques à la population se fera à partir de lundi par le biais des communes, alors que celles-ci ne savent pas encore quand elles seront livrées. Le procédé différera selon les communes et leur taille. Une distribution qui promet d’être un défi.

«C’est une opération énorme pour notre commune de mettre 180.000 masques dans des sachets avec les notes explicatives», admet le bourgmestre d’Esch-sur-Alzette, Georges Mischo .

Pour distribuer les masques à la population à partir de lundi comme cela a été annoncé hier par le Premier ministre, Xavier Bettel , l’organisation semble simple: «Le CGDIS fournit les masques et le matériel d’information et les communes se chargent de la distribution», explique le ministère de l’Intérieur, qui supervise cette opération.

«Toutes les personnes ont droit à cinq masques que les communes conditionneront dans des lots de cinq unités chacun. Des fiches explicatives avec des consignes relatives au port du masque seront disponibles sous forme d’imprimés et en ligne. Des sachets pour l’emballage seront fournis aux communes», explique une circulaire du ministère relative à la distribution des masques.

Des procédés différents d’une commune à l’autre

Mais les manières de procéder à la distribution peuvent ensuite varier d’une commune à l’autre. «Une petite commune fera différemment d’une grande», confirme le ministère. La circulaire du ministère de l’Intérieur offre quelques exemples: «Les modalités suivantes peuvent être envisagées: mise en place de points de distribution décentralisés en respectant les gestes barrières et les consignes de distanciation sociale, mise en place de drive-in, par voie postale ou par porteur. Il est recommandé aux communes de livrer les masques aux personnes âgées de plus de 65 ans et, sur demande, aux personnes vulnérables afin de ne pas les exposer à des risques.»

Dans la commune de Bertrange, la distribution se fera en porte à porte, par l’intermédiaire du personnel communal ouvrier. «Ils vont s’organiser pour faire le tour du village», décrit le bourgmestre, Frank Colabianchi . «Mais pour l’instant, nous n’avons pas encore la date de livraison des masques.»

«La livraison des masques doit se faire entre aujourd’hui et dimanche, nous ne savons pas, c’est encore flou», explique de son côté Georges Mischo. «Il nous reste aussi les sachets à recevoir et les notes explicatives.»

Par la poste à Luxembourg-ville et Esch

Pour distribuer les 180.000 masques aux 36.000 habitants de la commune, le collège échevinal, qui s’est réuni ce matin en urgence, a décidé de recourir à la voie postale. «Pour l’instant, nous préparons les enveloppes, avec l’adresse de la personne de référence du ménage. Et nous nous renseignons sur le nombre de personnes dans le ménage, afin de savoir combien de masques mettre. Dès lundi, nous commencerons à mettre les masques dans le sachet. Pour cela, nous devons recruter des gens de la commune. Et ça ne se fera pas en une heure, même pas en une journée d’ailleurs!»

À Luxembourg-ville aussi, «la distribution des masques se fera à partir du lundi 20 avril 2020 grâce à une distribution postale nominative», informe la Ville de Luxembourg par communiqué.

«L’équipe du centre de soutien logistique a organisé les envois afin que les premières livraisons puissent avoir lieu ce matin et que d’ici vendredi chaque commune soit livrée. Un centre d’appel a en outre été mis en place pour assurer le contact permanent avec les administrations communales», assure quant à lui le CGDIS dans un post Facebook.

Des masques aussi pour les entreprises

Le gouvernement a aussi prévu de remettre cinq masques par salarié aux entreprises concernées par la reprise prévue lundi. Pour celles du secteur de l’artisanat, la distribution sera effectuée par l’armée luxembourgeoise, en collaboration avec la Chambre des métiers, sur le parking de l’aéroport du Findel entre vendredi et lundi via un système de drive-in. Pour les autres entreprises, les modalités de distribution restent à définir.

«Le secteur de la construction recevra assez de masques pour faire un démarrage sécurisé dès lundi», assure, confiant, le président de la Fédération des entreprises luxembourgeoises de construction et de génie civil, Roland Kuhn .

Gérard Zoller, CEO de Peintures Robin, est plus perplexe. «Depuis ce jeudi matin, je reçois de nombreux appels de clients qui cherchent des gants, des masques… et n’en trouvent pas. Ou bien à des prix qui ont flambé. Selon moi, que tout redémarre lundi est mission impossible.»

Se protéger le nez et la bouche

Concernant les consignes à respecter par la population à partir de lundi, «il sera obligatoire de se protéger le nez et la bouche s’il n’est pas possible de respecter une distance d’au moins deux mètres. Et dans les transports en commun, cette obligation est systématique, qu’importe la distance avec les autres utilisateurs», informe le ministère de l’Intérieur. «Mais le port du masque chirurgical en tant que tel n’est pas obligatoire: il suffit de se protéger le nez et la bouche avec quelque chose, avec un masque en tissu, même avec une écharpe.»

Une manière, non de se protéger soi-même, puisque ces méthodes ne permettent pas de se protéger du virus, mais de protéger les autres, les gouttelettes restant dans la protection. «Rappelons que le simple port d’un masque ne permet pas à lui seul une protection contre le risque de contagion et il est demandé de maintenir la distanciation physique, de respecter les gestes barrières et de limiter les déplacements au strict nécessaire», rappelle ainsi la Ville de Luxembourg.