POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Bilan parlementaire

«Déclarer la guerre aux spéculateurs immobiliers»



255766.jpg

David Wagner compte, avec Marc Baum, maintenir la pression sur le gouvernement. (Photo: Maison Moderne/Archives)

Déi Lénk a dressé le bilan de son action parlementaire au cours des six premiers mois de l’année. Mais a surtout annoncé quelles seront ses priorités pour les prochaines semaines.

Petit mais costaud. Voilà qui va bien à Déi Lénk. Si le parti de gauche (ils n’aiment pas le qualificatif d’extrême gauche) ne compte que deux députés avec  David Wagner  et  Marc Baum , ceux-ci ne ménagent pas leur peine. Au cours des six derniers mois, ils ont chacun formulé une quinzaine de questions écrites et orales, déposé une motion et, surtout, multiplié les interventions, aussi bien en plénière qu’en commissions. L’un et l’autre se veulent d’ailleurs en pointe sur différents dossiers, dont le «casier bis», le projet de future Constitution, l’environnement... Au point d’être souvent vus de par leurs avis tranchés et tous azimuts comme des empêcheurs de tourner en rond.

Cela fait sourire David Wagner qui, lui, constate qu’ils ne font que tenir la promesse faite à leurs électeurs, c’est-à-dire effectuer un marquage du gouvernement à la culotte, et tacler quand il le faut, mais sans commettre de fautes.

Identifier les grands propriétaires

Et des tackles, il y en aura sans doute encore. Car Déi Lénk ne compte pas relâcher la pression au cours des mois à venir, notamment en ce qui concerne le domaine du logement. «On a pu constater, au cours des six premiers mois de l’année, que la nouvelle ministre,  Mme Tanson , veut investir. Mais dans le domaine public seulement. Or, tout le monde sait que ce ne sera pas suffisant», note David Wagner.

Qui déplore donc un manque de volonté de s’attaquer aux «grands spéculateurs immobiliers et fonciers. Nous estimons qu’il faut leur déclarer la guerre via des mesures fiscales et législatives qui peuvent aller jusqu’à l’expropriation.» Pour cela, «nous devons être en mesure d’identifier qui possède quoi dans ce pays. Or, c’est très compliqué. Mais ce sera notre priorité, et on y arrivera!»

Autre préoccupation: le climat. «Car il y a à nouveau beaucoup d’esbroufe de la part du gouvernement. Des exemples? On ne cesse de parler d’électromobilité en oubliant de dire tous les autres problèmes que cela génère. On veut Fage et Google, mais on parle peu de l’impact sur l’environnement. Et ensuite, on nous dit que la digitalisation sera la solution à tout, mais en passant sous silence l’impact sur le travail.»

Enfin, dès la rentrée, Déi Lénk «[parlera] beaucoup de la paix et de la guerre. Il ne faut pas en sourire. Les situations de tension sont de plus en plus nombreuses sur la planète. Le Luxembourg n’est pas un acteur majeur, mais membre de l’Otan. Quelle sera notre position dans certaines situations?»

En ce qui concerne le ‘casier bis’, il y a eu une prise de conscience de la police, mais pas du Parquet. C’est problématique.
David Wagner

David Wagner,  député Déi Lénk

Et, bien évidemment, tant le projet de future constitution que le «casier bis» n’échapperont pas au zèle des deux députés. «On creuse ces sujets tant et plus. En ce qui concerne la Constitution, ce qu’a fait le CSV est intéressant. C’est bien d’avoir remis cela au centre du jeu. Nous aussi, nous voulons parler des questions essentielles et solliciter l’avis de la population.»

Quant au «casier bis», David Wagner constate «une prise de conscience au sein de la police. Par contre, c’est plus problématique en ce qui concerne le Parquet. Pour eux, c’est ‘circulez il n’y a rien à voir’. Marc Baum connaît très bien ce dossier et le suit de près. Nous n’écartons pas la possibilité de demander une commission d’enquête parlementaire. Il faudra une majorité à la Chambre pour cela, mais je crois que cela est possible, puisque même  François Bausch  a indiqué qu’il pourrait éventuellement la vouloir.»