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Environmental Research

Un décès sur cinq imputable à la pollution de l’air



La toxicité des particules fines PM2,5 – les plus dangereuses car elles pénètrent profondément dans l’organisme – se fait ressentir bien en deçà du plafond fixé par l’OMS (10µm/m3). Et alors même que le plafond légal fixé par l’UE est encore moins contraignant (25µg/m3). (Photo: Shutterstock)

La toxicité des particules fines PM2,5 – les plus dangereuses car elles pénètrent profondément dans l’organisme – se fait ressentir bien en deçà du plafond fixé par l’OMS (10µm/m3). Et alors même que le plafond légal fixé par l’UE est encore moins contraignant (25µg/m3). (Photo: Shutterstock)

Un décès sur cinq, soit 8,7 millions de décès par an dans le monde, serait dû à la pollution de l’air, selon une étude de la revue Environmental Research. Soit le double de ce qui était estimé jusqu’à alors. En cause, les particules fines PM2,5, en particulier celles issues des énergies fossiles.

La pollution de l’air provoquerait 260 morts prématurées par an au Luxembourg, et pas moins de 400.000 dans l’Union européenne, selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). Dans le monde, le nombre de décès imputables à la pollution de l’air s’élèverait à 4,2 millions, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mais le pire est que ces chiffres seraient très largement sous-estimés, selon une étude parue mardi 9 février dans la revue scientifique Environmental Research.

Les chercheurs, spécialisés en santé environnementale et issus des universités d’Harvard, de Birmingham, de Leicester et de Londres, estiment ainsi qu’au niveau mondial, le nombre total de décès prématurés imputables à la pollution de l’air s’élèverait à 8,7 millions. Soit un décès sur cinq dans le monde, et plus du double des estimations de l’OMS.

Les PM2,5, les plus toxiques

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont notamment distingué au sein des particules fines PM2,5 – les plus meurtrières, responsables de 210 des 260 morts prématurées au Luxembourg – celles issues des énergies fossiles, beaucoup plus toxiques que celles issues des épandages agricoles ou des poussières du désert.

Ils ont ainsi constaté que la toxicité des particules fines PM2,5 – les plus dangereuses car elles pénètrent profondément dans l’organisme – se fait ressentir bien en deçà du plafond fixé par l’OMS (10µm/m3). Et alors même que le plafond légal fixé par l’UE est encore moins contraignant (25µg/m3).

Des plafonds qui devraient devenir plus exigeants à l’avenir. Les experts de l’OMS y travailleraient, et les seuils fixés par la directive de l’UE sur la qualité de l’air seraient en cours d’évaluation.

Au Luxembourg, le taux de PM2,5 dans l’air tourne depuis 2016 autour du plafond de l’OMS et était en 2019 de 10,1µg/m3. Dans les clous d’un point de vue légal, mais encore loin du compte du point de vue sanitaire.

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