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Un débat public sur la privatisation de l’école publique



Claude Meisch avait retiré son projet de loi la veille de son examen à la Chambre. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/Paperjam)

Claude Meisch avait retiré son projet de loi la veille de son examen à la Chambre. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/Paperjam)

La «privatisation de l’école publique» reviendra au-devant de l’actualité puisque la pétition déposée à son sujet a atteint 4.883 signatures, ce qui impose la tenue d’un débat public. Reste à en connaître la réelle utilité. 

«Stop à la privatisation de l’école publique au Luxembourg» était l’intitulé de la pétition déposée sur le site de la Chambre afin de pouvoir bénéficier d’un débat public à ce sujet. En un mois, le total nécessaire de 4.500 signatures avait été atteint. La commission des pétitions a confirmé maintenant que ce sont in fine 4.883 personnes qui ont signé.

Le sujet est, il est vrai, plus que sensible et avait valu au ministre de l’Éducation nationale,  Claude Meisch (DP), une volée de bois vert. Début septembre, celui-ci avait déposé un projet de loi sur les directions des lycées dits «spécialisés». L’idée? Permettre la nomination de directeurs dans quatre établissements (Lycée technique pour professions de santé, Lycée technique pour professions éducatives et sociales, Lycée technique agricole et l’École d’hôtellerie et de tourisme du Luxembourg) qui pourront être des salariés issus du secteur privé. Des postes réservés jusque-là à des fonctionnaires. 

Les syndicats, dont la CGFP, étaient tombés des nues, dénonçant rapidement «une privatisation rampante de l’école publique en pleine crise sanitaire». Le brouhaha a été tel que les explications du ministre, notamment quant à l’obligation de maîtriser les langues administratives du pays pour occuper la fonction, en sont devenues inaudibles.

Finalement, le projet de loi a été retiré la veille de son examen à la Chambre. Le ministère et les syndicats convenant de retravailler le texte à l’issue de la crise sanitaire. Une manière diplomatique de le renvoyer aux calendes grecques, certainement pas à une date ne fût-ce que moyennement éloignée des prochaines élections législatives… Bref, le texte est sans doute bel et bien enterré, profondément et pour un bout de temps. Ce que le ministre confirmera, sans doute pas en ces termes, dans quelques semaines.