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BDO Luxembourg joue la carte de l’ancrage local

Daniel Croisé reconduit à la tête de BDO



La digitalisation est une des priorités du nouveau mandat de Daniel Croisé, commencé ce 1er octobre. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

La digitalisation est une des priorités du nouveau mandat de Daniel Croisé, commencé ce 1er octobre. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Daniel Croisé est reconduit pour un deuxième mandat de managing partner chez BDO Luxembourg. Il nous parle des projets de sa firme pour les trois années à venir.

BDO n’est pas novice dans le secteur de l’audit, du conseil et des services aux entreprises. L’histoire commence en 1950 sous l’enseigne de la Fiduciaire Générale de Luxembourg. Après plusieurs fusions et scissions, la firme reçoit, à la fin des années 90, le réseau BDO International. Au début des années 2000, BDO Compagnie Fiduciaire employait 200 collaborateurs. BDO compte aujourd’hui environ 530 collaborateurs au Luxembourg.

En 2020, les entités du réseau BDO ont réalisé, au niveau mondial, un chiffre d’affaires de 9,2 milliards d’euros, en progression de 7,8%. Le réseau est présent dans 167 pays à travers 1.658 bureaux. BDO International est actif dans les grandes lignes de métiers traditionnels pour les grands réseaux d’audit et de conseil: l’audit et assurance, l’advisory, le tax et les business services & outsourcing (BSO).

6% de croissance probable

Au Grand-Duché, la firme est active sur chacun des quatre métiers du réseau. Daniel Croisé table pour l’exercice 2020-2021, clos ce 30 septembre, sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 64 millions d’euros, ce qui représenterait une croissance de 6%. De quoi revendiquer la place de numéro 5 auprès des Big Four, estime-t-il. Il reconnaît toutefois qu’entre le numéro 4 et le numéro 5, l’écart est «encore important». Tous les métiers ont participé à cette croissance, et plus particulièrement les départements Audit, Tax et Advisory. Pour la partie BSO, qui comprend une partie plus comptable et gestion de paye et représente une part importante de l’activité de la firme, la progression est moins prononcée.

L’élément qui différencie BDO de ses grands confrères, c’est «l’ancrage local très important», insiste le managing partner. Et si la firme ne cible pas exclusivement le segment de la clientèle locale, elle y consacre des équipes dans chacune de ses lignes de métiers avec, comme philosophie, un accompagnement généraliste à destination des artisans et des PME/TPE dans tous les secteurs de l’économie.

La clientèle internationale, beaucoup plus concentrée sur la place financière, est également servie. «Ce segment d’activité tire son dynamisme du secteur des fonds d’investissement et est particulièrement porté par la croissance du secteur alternatif, avec le private equity et le real estate en pointe, et par celle de l’Administration centrale des fonds.»

Leader sur le payroll

«Nous disposons d’une palette de services très large, probablement la plus complète du pays avec, d’un côté, toutes les prestations proposées par les grands cabinets et, de l’autre, tous les services que peuvent offrir les petites et moyennes fiduciaires», résume Daniel Croisé.

BDO Luxembourg revendique la place de leader en matière de payroll. «Toutes les grandes banques qui externalisent leur service Paye le font chez nous.» La firme audite également les trois plus grands employeurs du pays et des banques, «dont une systémique». Et si ces contrats d’audit sont dus, pour une grande part, au système de la rotation qui prévaut dans le secteur de l’audit, elle témoigne également de la bonne image de BDO Luxembourg sur la Place et de l’obtention d’une certaine taille critique.

BDO Luxembourg peut également, pour son développement, compter sur sa filiale BDO Technology, éditrice de logiciels fiscaux, de compliance et de payroll. «Des logiciels dont nous nous servons pour délivrer nos services, mais que nous commercialisons également à destination d’entreprises ou de fiduciaires.»

Priorité à la digitalisation

La digitalisation est justement l’une des priorités du nouveau mandat de Daniel Croisé, commencé ce 1er octobre. «Ceci afin d’atteindre les quatre objectifs que nous nous sommes fixés, qui sont l’amélioration de l’expérience client, de la satisfaction de la clientèle, de la qualité en matière de gestion des risques et l’accroissement de l’efficience et de la performance.»

La firme a lancé, en pleine pandémie, un grand projet de digitalisation et d’excellence opérationnelle.

Pandémie toujours: fin 2019, BDO Luxembourg avait lancé une phase test en matière de télétravail afin de voir, sous réserve des contraintes sociales et fiscales, quels étaient les possibilités et les besoins des collaborateurs. Ces derniers ont quasiment tous été équipés d’ordinateurs portables. «Lorsque le confinement est arrivé, nous étions mieux préparés que d’autres. Pour la quasi-totalité de nos activités, nous étions largement digitalisés, et le télétravail ne posait pas de problèmes opérationnels.»

Pour voir la place que prendra le télétravail après la crise du Covid, la clé sera de voir, à terme, comment les collaborateurs travaillent ensemble et comment sont intégrés les nouveaux entrants. Depuis le début de l’année, ce sont 130 nouveaux collaborateurs qui ont été recrutés.