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Lydie Polfer et Jean-Marie Halsdorf

Un cumul de rémunérations possiblement abusif?



Lydie Polfer et Jean-Marie Halsdorf nient tout acte répréhensible. (Photo: Maison Moderne/Montage: Maison Moderne)

Lydie Polfer et Jean-Marie Halsdorf nient tout acte répréhensible. (Photo: Maison Moderne/Montage: Maison Moderne)

Une enquête du Bureau de la Chambre serait en cours, selon le Land, concernant des rémunérations perçues par les députés Lydie Polfer (DP) et Jean-Marie Halsdorf (CSV), qui auraient cumulé les revenus de leur pension de vieillesse et de leur congé politique. 

Voilà qui va inévitablement réactiver le débat autour des rémunérations des élus et du cumul potentiel de celles-ci. Dans son édition de ce vendredi, le Land évoque une enquête en cours de la part du Bureau de la Chambre des députés, organe qui «s’occupe de la gestion des affaires de la Chambre et prend toutes les décisions relatives à l’organisation et à la discipline du personnel. Il règle les questions financières et d’organisation concernant les députés, le Parlement et ses organes.»

Les investigations en cours concernent deux anciens ministres, actuellement députés: Lydie Polfer (DP) et Jean-Marie Halsdorf (CSV). La première est également bourgmestre de Luxembourg; le second, premier échevin de Pétange. 

Quel est le problème?

Lydie Polfer a pris sa retraite en 2013, mais aurait, jusqu’en 2017, bénéficié, outre sa pension d’ancienne ministre et députée européenne, d’un revenu pour un congé politique de 40 heures par semaine en tant qu’avocate.

De son côté, Jean-Marie Halsdorf, pharmacien, aurait perçu, jusque voici peu, une pension en tant qu’ancien ministre, tout en bénéficiant d’un revenu via un congé politique en lien avec son mandat d’échevin.

Ce qui n’est pas théoriquement possible, selon le site du ministère de l’Intérieur, qui indique que «les bourgmestres, échevins et conseillers communaux ont droit à un congé politique lorsqu’ils n’ont pas encore atteint l’âge de la retraite. Lorsqu’ils exercent une activité professionnelle indépendante ou lorsqu’ils sont sans profession rémunérée, ils perçoivent une indemnité forfaitaire pour compenser le temps consacré à leur mandat politique. Lorsqu’ils exercent une activité rémunérée auprès d’un patron, les pertes de gain sont remboursées à l’employeur une fois par an.»

Tous deux nient tout acte répréhensible. L’analyse de la Chambre et du ministère de l’Intérieur devrait aider à y voir plus clair.

La question du cumul est de retour

Cela repose en tout cas la question du cumul des mandats, et donc de revenus, notamment de la part des bourgmestres et échevins des plus importantes communes du pays. Cela alors que des revenus professionnels sont aussi perçus. Sans oublier ce qui découle – souvent entre 5.000 et 10.000 euros annuels – des mandats dans des syndicats intercommunaux ou des conseils d’administration.

Certains dépassent donc très facilement le salaire mensuel d’un ministre (19.000 euros), d’un vice-Premier ministre (24.000 euros) ou même du Premier ministre (27.000 euros).

En avril 2020, tout comme il l’avait déjà fait en 2018 , Reporter avait épinglé le cas de Léon Gloden (CSV), bourgmestre de Grevenmacher, qui percevait au moins 150.000 euros par an en plus de son indemnité de parlementaire, et notamment via son activité d’avocat d’affaires. Michel Wolte r, député-maire CSV de Kärjeng, arrivait à 130.000 euros de plus, et Laurent Mosar (CSV), échevin de la Ville de Luxembourg et avocat, atteignait les 156.000 euros de revenus additionnels à son activité à la Chambre.