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pot de nouvel an

Le CSV veut garder la ligne jusqu’en 2023



Le CSV avait convié ses membres et sympathisants à Niederanven pour son traditionnel pot de Nouvel An. Une occasion de rappeler qu’aucune concession ne sera faite au gouvernement et que l’objectif reste de remporter les élections de 2023.

C’est jeudi soir que le CSV a convié ses troupes à son pot de Nouvel An et à sa soirée des bons vœux. «En l’an 7 du non-gouvernement», ironisera un peu plus tard le président Frank Engel .

Pas que critiquer

Si entre deux bises et un verre de vin blanc, le moment se veut convivial, il est aussi l’occasion d’une démonstration de force. À ce petit jeu, le CSV s’en tire plutôt bien. Le centre culturel de Niederanven était en effet copieusement garni. «Oui, il y a du monde. Alors que ce n’est pas une année électorale. Je ne suis pas certain qu’il y en aura partout autant», concède encore Frank Engel. Qui avoue que son parti n’est certes pas un «club des jeunes», mais «est vivant, dynamique» et  compte «environ 10.000 affiliés. En 2019, il y a eu 200 nouveaux. C’est plutôt bien.» Et au milieu de ces petits nouveaux, il y avait un senior: le grand-père du député Paul Galles , qui s’est affilié à l’âge vénérable de 100 ans!

Évidemment, le moment se veut aussi politique. On retiendra surtout que la volonté du CSV est limpide, comme son président l’a indiqué: «On ne va rien changer à notre manière de faire. Nous sommes dans l’opposition et jouons notre rôle. Mais il ne s’agit pas que de critiquer. Nous voulons aussi proposer et agir.» Cela dans le but de se donner de la visibilité et de convaincre les citoyens «que le CSV fait de la politique pour les gens, pas pour les copains» ainsi que «le gouvernement la pratique, comme on l’a vu avec les dossiers Dieschbourg ou Cahen », a-t-on entendu.

Climat, santé et logement

La force des légions romaines était de serrer les rangs si nécessaire et de garder la ligne en toutes circonstances. Le CSV a cette même ambition, se voulant encore et toujours force d’opposition tout en étant aussi force de proposition: «oui, jusqu’en 2023». Année électorale importante pour un parti qui, dit Frank Engel, «est fait pour prendre ses responsabilités. Ce temps devant nous va être mis à profit pour affiner notre programme». Car siéger dans l’opposition peut être long et éprouvant. «Cela demande pas mal d’énergie, en effet, mais nous n’en manquons pas», analyse Martine Hansen , la chef de fraction. Surtout face à une coalition «sourde à nos propositions, pas car elles sont mauvaises, mais car elles viennent du CSV». Ce qui confine, affirme-t-elle encore, «à de l’arrogance».

Pour revenir au pouvoir, le CSV «va donc travailler via des thèmes, en ciblant des priorités. En 2020, ce sera le climat, la santé et le logement. Mais évidemment, nous nous adapterons selon les circonstances», conclut Martien Hansen. Une souplesse qui, a contrario, ne serait pas la première qualité de la coalition DP-LSAP-Déi Gréng. Pour Frank Engel, c’est bien pire: «Cette coalition n’a rien à dire et ne dit donc rien. Elle ne sait pas pourquoi elle gouverne et ne gouverne donc pas.»