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Statistiques second trimestre

La croissance chinoise au plancher



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La guerre commerciale avec les États-Unis fait ralentir la croissance chinoise. (Photo: Shutterstock)

La croissance chinoise a atteint son niveau le plus bas en 27 ans au cours du deuxième trimestre de 2019. La guerre commerciale avec les États-Unis fait des dégâts et la consommation intérieure est en recul.

Selon les statistiques fournies ce 15 juillet par l’office chinois des statistiques, la croissance du pays s’est établie à 6,2% pour le second trimestre. Le chiffre était attendu, mais il n’en reste pas moins le plus mauvais résultat de la deuxième économie mondiale depuis 27 ans.

La guerre commerciale avec les États-Unis est évidemment au cœur du problème. Au début du mois de mai, le président américain, estimant que les négociations n’avançaient pas assez rapidement, avait décidé de faire passer de 10% à 25% les taxes sur les importations de 200 milliards de dollars de produits chinois.

Les exportations restent essentielles pour l’économie chinoise et la pression mise par Donald Trump fait des dégâts. Lors du sommet du G20 d’Osaka, à la fin du mois de juin, Trump et le président chinois Xi Jinping ont toutefois décrété une nouvelle trêve.

Du mieux en juin

Mais la consommation intérieure est également en cause. Les importations ont chuté de 7,3% sur un an et les ventes de voitures sont en baisse de près de 10%, à cause, notamment, de nouvelles normes antipollution.

Le problème, c’est qu’après des années de soutien de son économie, le gouvernement a utilisé quasiment toutes ses cartouches. Les dernières mesures visent avant tout à soutenir les PME, qui avaient toujours été négligées au profit des grandes entreprises publiques.

Le recul enregistré pour le second trimestre n’enterre toutefois pas les prévisions gouvernementales d’une croissance entre 6% et 6,5% pour l’année 2019. Pour le mois de juin, les estimations sont d’ailleurs en progression.

Les ventes de détail ont progressé de 9,8% sur un an et la production industrielle a gagné 1,2% par rapport au mois de mai. Le reste de l’année devrait donc largement dépendre de l’évolution des rapports avec les États-Unis, alors que Donald Trump se prépare à entrer en campagne électorale pour les présidentielles de 2020.