ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

3 questions à Alexandre Marquet (TiQuest)

«Créer à partir de zéro prend du temps»



Alexandre Marquet: «De mon point de vue, la principale différence entre l’entrepreneuriat et le salariat concerne le niveau de responsabilité face à la prise de décision.» (Photo: Santiago Bergs)

Alexandre Marquet: «De mon point de vue, la principale différence entre l’entrepreneuriat et le salariat concerne le niveau de responsabilité face à la prise de décision.» (Photo: Santiago Bergs)

À la suite de l’événement Start-up Stories: Round 3, organisé par le Paperjam + Delano Club le mardi 08 juin, le représentant de la société TiQuest, Alexandre Marquet, partage sa vision d’entrepreneur.

D’où vous est venue l’idée de votre start-up?

Alexandre Marquet. – «L’idée originelle était d’arrêter l’impression des tickets de caisse papier. Je trouvais que c’était un non-sens total de pouvoir payer avec son téléphone ou sa montre et de continuer à recevoir un ticket de caisse en papier. En un siècle, l’Humanité a fait un bond technologique spectaculaire, mais le ticket de caisse papier est toujours présent et n’a pas changé. Enfin si, il est de plus en plus long. Des solutions pour dématérialiser le ticket de caisse existent aujourd’hui, mais elles ne sont pas utilisées car elles ne sont ni intuitives ni transparentes. En 2021, des start-up proposent de prendre en photo un ticket de caisse et appellent cela «ticket de caisse digital». Or le papier est encore imprimé et gaspillé. Notre génération ne peut plus accepter de solutions palliatives, elle mérite une solution durable.

On souhaitait offrir la solution la plus simple et la plus transparente pour l’utilisateur en transférant toute la difficulté en arrière-plan, à la structure technologique. On souhaitait pouvoir simplement payer un achat et recevoir le ticket de caisse digital. Et c’est ce qu’on a développé. C’est notre produit chez TiQuest.

Ces derniers mois, on a fait évoluer notre plateforme de tickets de caisse digitaux pour offrir un nouveau service innovant et abordable aux bars et restaurants du Luxembourg. Il s’agit d’une solution de commande et de paiement à table via smartphone. Le client s’assoit en terrasse, scanne un QR code, choisit ses produits et paie en toute autonomie avec Digicash. C’est rapide et d’une grande simplicité. En moins d’une minute, le client a obtenu le menu, commandé et payé. Cela améliore l’expérience client et permet au restaurant de gagner du temps et donc d’augmenter ses revenus.

Cette nouvelle expérience peut être essayée au Rock Solid et au Bistro Art Scène, dans le centre-ville de Luxembourg. Plus d’informations à propos de la solution sur le site  https://digitalmenu.lu .

Quelles sont les qualités nécessaires pour lancer sa start-up?

«Tout le monde dit tout et son contraire à propos des qualités nécessaires pour lancer une start-up. De ma propre expérience et contrairement à ce que j’imaginais, créer à partir de zéro prend du temps. Beaucoup plus de temps que prévu. Ce n’est pas comme lancer un projet dans une entreprise traditionnelle où les ressources sont mutualisées et où l’on construit sur un socle existant.

Dans une start-up, il faut tout (re)créer et cela prend du temps. L’avantage est que l’on crée à partir des dernières technologies disponibles et que le produit sera donc beaucoup plus performant fonctionnellement et économiquement que ce que pourrait proposer une entreprise en place.

Comme tout prend du temps, les qualités requises sont la patience et la passion, car sans passion, il n’y aura pas de patience. Il faut également avoir de la résilience, parce que créer à partir de zéro implique que ça ne fonctionnera pas du premier coup, et qu’il faudra essayer encore et encore avant d’arriver à un produit viable.

On entend souvent qu’il est essentiel de faire des erreurs. Qu’en pensez-vous?

«Je ne sais pas s’il est essentiel de faire des erreurs, dans le sens où l’on se passerait bien d’en faire. Faire une erreur revient à prendre une décision qui ne génère pas le résultat attendu. Je pense que la finalité n’est pas de faire des erreurs ou non, mais de ne pas avoir peur de prendre des décisions, même si cela peut amener des erreurs.

De mon point de vue, la principale différence entre l’entrepreneuriat et le salariat concerne le niveau de responsabilité face à la prise de décision. Dans une entreprise traditionnelle, les processus de prise de décision sont longs et reposent sur de multiples parties prenantes qui ne se sentent pas responsables car elles peuvent justement se renvoyer la responsabilité les unes les autres. 

Dans une start-up, la prise de décision est rapide et la responsabilité totale. Une prise de décision qui n’apporte pas le résultat attendu peut être interprétée comme une erreur de jugement, mais au final une décision a été prise rapidement et c’est ce qui compte. Ne pas perdre de temps et décider rapidement, c’est ce qui fait la force d’une start-up par rapport à une entreprise traditionnelle. Et plus la capacité à décider rapidement est grande, plus la rapidité à adapter ou corriger une erreur basée sur une ‘mauvaise’ décision sera élevée.»