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Mobilité

Même en cas de grève, le covoiturage peine à convaincre



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Rachetée par la française Klaxit, la plate-forme Copilote, lancée par le ministère des Transports, devrait connaître un second souffle. (Photo: Shutterstock)

Entre les derniers chiffres du ministère des Transports, ceux de Blablacar en France et l’usage de la bande dédiée sur l’E411 côté belge, le covoiturage vers le Luxembourg peine encore à convaincre en masse, malgré les avantages qu’il peut représenter pour la mobilité.

En pleine période de grève sur les rails en France, nombreux sont les frontaliers à s’être rabattus sur la voiture, mais pas forcément sur le covoiturage.

Contactée par nos soins, la communication de Blablacar annonce toutefois une augmentation de 50% de réservations «sur l’axe transfrontalier France-Luxembourg. Le mois dernier, 18.000 places ont été proposées sur Blablacar au Luxembourg», week-ends et semaines confondus, sans pouvoir donc distinguer les trajets des frontaliers.

En pratique, il est difficile de comptabiliser l’ensemble des trajets proposés sur l’axe Lorraine-Luxembourg pour une journée dédiée, les points de départ et d’arrivée étant nombreux.

L’application Blablacar affiche par exemple pour ce mardi matin 15 trajets disponibles sur l’axe Metz-Luxembourg, ou cinq trajets sur l’axe Talange-Luxembourg, alors que des dizaines de milliers de frontaliers se rendent tous les jours au Luxembourg en voiture. 

Pas encore de bilan pour la bande de l’E411

La bande de covoiturage de l’E411, entre Arlon et le poste-frontière de Sterpenich, mise en place il y a six mois, devrait avoir un «premier bilan après un an d’utilisation, et même un an et demi. Pour le moment, nous ne faisons donc aucun commentaire. Nous voulons réellement laisser à ce service le temps de s’installer dans les mœurs des usagers», expliquait fin novembre Elodie Christophe , la porte-parole de la Sofico, à Paperjam.

La prolongation de la bande de covoiturage côté luxembourgeois d’ici 2023 devrait jouer en faveur du système.

Et les derniers chiffres diffusés lundi par le ministère des Transports concernant son application dédiée Copilote ne sont pas plus encourageants. Le ministre François Bausch (Déi Gréng) a expliqué, dans une réponse parlementaire adressée à la députée Diane Adehm  (CSV), que depuis janvier dernier, l’application avait été téléchargée 682 fois dans le Play Store d’Android et 266 fois via iTunes pour iOS.

69 entreprises ont créé une communauté sur Copilote

«Cependant, il est important de remarquer que toutes les fonctionnalités du portail de covoiturage sont aussi disponibles sur le site web responsive www.copilote.lu . Ainsi, il n’est pas nécessaire de télécharger l’application», nuance le ministre face aux chiffres énoncés.

Le portail de covoiturage Copilote compte à ce jour environ 5.405 utilisateurs inscrits. Mais dans les statistiques du portail, il n’y a pas de différenciation entre utilisateurs résidents et frontaliers.

69 entreprises ou autres associations y ont par contre créé une communauté de covoiturage. En novembre 2019, en moyenne, environ 1.675 trajets par semaine sont proposés par les utilisateurs inscrits.

Accompagner les entreprises

François Bausch n’a pas manqué de rappeler que le prestataire de service de Copilote – iDVROOM – avait récemment été racheté par la française Klaxit , un autre prestataire d’applications de covoiturage. «Les utilisateurs de Copilote seront prochainement contactés, afin de leur expliquer les modifications et les nouvelles fonctionnalités que cela entraîne», ajoute le ministre.

Présent au Luxembourg il y a quelques jours lors d’une conférence d’Idea , le patron de Klaxit, Julien Honnart, précisait qu’il faudra accompagner les entreprises sur le chemin du changement: «Quand une entreprise est accompagnée, le taux d’adhésion au covoiturage atteint les 15%, alors qu’il reste entre 2 et 4% si on laisse les choses en leur état naturel.»