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Pandémie

Les mesures anti-Covid maintenues au-delà de septembre



Si aucune sanction supplémentaire n’est prévue, aucun allègement des restrictions n’est non plus envisagé, a prévenu la ministre de la Santé, Paulette Lenert. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Si aucune sanction supplémentaire n’est prévue, aucun allègement des restrictions n’est non plus envisagé, a prévenu la ministre de la Santé, Paulette Lenert. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Après une hausse des infections au Covid-19 à partir de la fin du mois de juin, la tendance est désormais à la baisse. Mais il ne faut pas baisser la garde, selon Paulette Lenert. D’autant que le retour des vacances sera à haut risque. La loi Covid sera d’ailleurs prolongée au-delà du mois de septembre.

«La situation reste tendue, mais elle est en train de se stabiliser», a indiqué mardi la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), aux députés de la commission de la santé, à propos de la résurgence du nombre de cas de Covid-19 qui a lieu dans le pays depuis la fin du mois de juin.

Il ne faut pas sous-estimer la situation ni «banaliser la maladie», a ajouté la ministre, mais une légère amélioration est manifeste depuis le début du mois d’août: baisse des nouvelles infections, moyenne d’âge des personnes infectées – autour de 36 ans – constante, et si le nombre de personnes hospitalisées a légèrement augmenté, ce nombre reste gérable.

Situation sous contrôle

Mais si la situation est «sous contrôle», «le message est que le virus reste présent et qu’il n’y a aucune raison de baisser la garde», insiste le président de la commission de la santé, le député Mars Di Bartolomeo (LSAP). Les dispositifs de lutte contre l’épidémie prévus par la loi Covid devront dans tous les cas être maintenus. Cette dernière, entrée en vigueur fin juillet, devra donc être prolongée d’ici le 30 septembre, date à laquelle elle arrive à échéance. Et si aucune sanction supplémentaire n’est prévue, aucun allègement des restrictions n’est non plus envisagé, a prévenu Paulette Lenert.

«Je pars du principe qu’il n’y aura pas de grandes modifications», confirme Mars Di Bartolomeo. «La loi ne sera pas réinventée. Il y aura tout au plus des modifications très ponctuelles, dans un sens ou dans l’autre, en fonction de l’évolution de la situation. Et aucune ne sera faite si la situation reste stable.»

Or, cette stabilité pourrait bien être remise en cause lors de la prochaine étape critique: le retour des vacances. Comment éviter une résurgence de l’épidémie à cette échéance? Paulette Lenert a rappelé que le dépistage mis en place dans le cadre du «large scale testing» – qui est prolongé jusqu’à mars 2021 – serait renforcé lors de cette période, et à deux moments en particulier: la fin du congé collectif et la rentrée scolaire.

Un dépistage ciblé

Le dépistage ne se fera toutefois pas tous azimuts, mais d’une manière ciblée. «Il y a le souci de bien investir les capacités de tests, donc de les concentrer là où le danger est plus important», explique Mars Di Bartolomeo. Des tests seront toujours proposés à l’aéroport du Findel, mais, au vu de la stabilité de la situation, l’idée d’en ajouter à la gare centrale, ou même sur les autoroutes ou les postes-frontières, ne devrait pas voir le jour pour le moment.

Et celle qui consiste à proposer des tests gratuits à tous les résidents revenant de vacances, soumise par certains députés, devrait de son côté être davantage ciblée, en visant par exemple les personnes de retour de zones à risque.

Certains secteurs-clés seront au cœur de cette stratégie de dépistage ciblée. «Nous allons davantage viser les secteurs du bâtiment et de l’entretien», précise Mars Di Bartolomeo. «Et si d’autres priorités apparaissent, nous ajusterons notre offre en fonction.»

Une bonne nouvelle devrait d’ailleurs favoriser le succès de cette stratégie: les résidents et frontaliers luxembourgeois sont de moins en moins réticents à aller se faire dépister, selon Paulette Lenert: 30% ont accepté l’invitation du gouvernement à se faire tester dans le cadre du «large scale testing», alors que le taux de participation ne dépassait pas les 12% au début de la mise en place de la stratégie.